Le Canada lie encore plus étroitement sa politique d’immigration à l’avenir des communautés francophones en situation minoritaire, grâce à de nouveaux financements, des objectifs d’admission clairs et une plus grande attention portée aux nouveaux arrivants d’expression française dans des secteurs clés tels que les soins de santé, l’éducation et les services à la petite enfance. Les dernières mesures montrent que les candidats d’expression française et bilingues qui souhaitent s’établir à l’extérieur du Québec sont de plus en plus au cœur de la planification à long terme.
Objectifs et chiffres d’admission en matière d’immigration francophone
Dans le cadre du plan pluriannuel des niveaux d’immigration annoncé avec le budget 2025, le gouvernement fédéral a désormais formalisé des objectifs de pourcentage spécifiques pour les résidents permanents d’expression française à l’extérieur du Québec de 2026 à 2028. Le plan fixe des objectifs d’admission de 9 % en 2026, ce qui correspond à 30 267 admissions de résidents permanents d’expression française, de 9,5 % en 2027, soit 31 825 admissions, et de 10,5 % en 2028, soit 35 175 admissions. Ces pourcentages sont basés sur les niveaux globaux de résidents permanents et sont conçus pour progresser régulièrement vers un taux d’admission de 10,5 % en 2028 et un engagement plus large de 12 % en 2029.
Ces chiffres font suite à une performance récente de 7,2 % pour les résidents permanents d’expression française admis à l’extérieur du Québec en 2024. Passer de 7,2 % à 10,5 % en quatre ans représente une augmentation significative tant en proportion qu’en nombres absolus, ce qui exigera un recrutement coordonné, un traitement plus rapide dans certains volets et un soutien à l’établissement efficace. En pratique, de tels objectifs numériques détaillés indiquent généralement aux agents et aux concepteurs de programmes que les profils francophones seront priorisés dans plusieurs catégories d’immigration économique, et pas seulement dans un seul volet.
Les nouveaux objectifs s’inscrivent dans une Politique sur l’immigration francophone plus large et son Plan de mise en œuvre pour 2024. Le premier examen annuel de ce plan, réalisé au printemps 2025, a confirmé que les activités sont sur la bonne voie dans des domaines allant de la promotion internationale et de la recherche aux objectifs d’admission et aux outils d’intégration. Une annexe mise à jour consolide désormais les mesures utilisées, ce qui sera particulièrement utile pour les employeurs, les communautés et les conseillers qui doivent comprendre l’orientation de la politique au cours des trois à cinq prochaines années.
Nouvel investissement de 3,6 millions de dollars par le Programme de soutien à l’immigration francophone
Pour soutenir ces objectifs sur le terrain, le gouvernement a annoncé un financement d’environ 3,6 millions de dollars pour quatre nouveaux projets dans le cadre du Programme de soutien à l’immigration francophone (PSIF), également connu sous le nom de FISP. Ce programme est mis en œuvre par le Centre d’innovation en immigration francophone, qui a reçu une allocation distincte de 25 millions de dollars sur cinq ans dans le cadre du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028. Le PSIF fonctionne comme un programme de subventions et de contributions, soutenant des projets innovants qui encouragent l’immigration francophone et intègrent une perspective francophone dans les politiques et les services.
Les quatre initiatives nouvellement financées sont conçues pour faciliter le déménagement, les études et le travail des candidats francophones et bilingues dans les communautés francophones en situation minoritaire. Plusieurs projets se concentrent sur la promotion et le recrutement à l’étranger, en particulier dans les secteurs où les pénuries de main-d’œuvre sont aiguës, tels que les soins de santé, l’enseignement et l’éducation de la petite enfance. D’autres visent à renforcer les capacités des communautés qui accueillent déjà davantage de nouveaux arrivants d’expression française, y compris les régions de l’Est de l’Ontario et d’autres régions en situation de minorité linguistique officielle.
Un projet, soutenu par le PSIF, approfondira la collaboration entre les collèges et universités du réseau francophone, les fournisseurs de services communautaires et les autres parties prenantes de l’immigration francophone. L’objectif est de maintenir un dialogue structuré, de partager les meilleures pratiques, de recueillir de nouvelles données sur les réalités des étudiants internationaux et d’élaborer des stratégies actualisées pour lever les obstacles auxquels ils sont confrontés. Ce type de réseau institutionnel est souvent le chaînon manquant entre les annonces politiques et les résultats concrets, de sorte que la décision de financer la coordination et la collecte de données est stratégiquement significative.
Comment ces mesures affectent les candidats, les étudiants, les employeurs et les communautés
Pour les futurs candidats, ces annonces ne créent pas une nouvelle catégorie de visa unique, mais elles renforcent et élargissent les voies existantes qui favorisent déjà les profils francophones ou bilingues. En pratique, les candidats d’expression française pourraient bénéficier dans les années à venir de plusieurs façons, par exemple :
- La sélection basée sur les catégories dans le système Entrée express, où les compétences linguistiques en français sont fortement priorisées. Le système Entrée express est le principal système de gestion des demandes d’immigration économique du Canada pour les travailleurs qualifiés. Il vise les candidats qui possèdent des compétences et une expérience de travail dans des professions recherchées, et qui souhaitent s’établir de façon permanente au Canada.
- Les programmes des candidats des provinces (PCP) avec des volets francophones ou bilingues qui ciblent des professions spécifiques. Les programmes des candidats des provinces (PCP) permettent aux provinces et territoires canadiens de désigner des personnes qui souhaitent immigrer au Canada et qui sont intéressées à s’établir dans une province ou un territoire spécifique. Chaque province ou territoire a ses propres critères et volets d’immigration, souvent axés sur les besoins du marché du travail local.
- Les permis de travail soutenus par l’employeur dans les secteurs prioritaires tels que les soins de santé, l’éducation et les services à la petite enfance.
- Les permis d’études qui peuvent mener à des permis de travail post-diplôme et, plus tard, à la résidence permanente pour ceux qui s’intègrent dans les communautés francophones en situation minoritaire.
Généralement, les candidats à l’immigration économique d’expression française qui souhaitent profiter de ces priorités devraient démontrer, au minimum :
- Des résultats de tests de français reconnus qui atteignent ou dépassent le niveau indiqué pour la voie choisie.
- Des titres de compétences évalués, si nécessaire, par une agence d’évaluation des titres de compétences reconnue.
- Soit une expérience de travail dans une profession qualifiée, soit une offre d’emploi admissible d’un employeur au Canada, selon le programme.
- Une intention claire de s’établir à l’extérieur du Québec, étant donné que les objectifs et les programmes abordés sont conçus pour les communautés francophones des autres provinces et territoires.
Les étudiants internationaux dans les collèges et universités francophones sont également une priorité importante. Grâce à la coordination financée par le PSIF, ces étudiants peuvent s’attendre à un soutien plus structuré pour passer du statut temporaire au statut permanent, y compris de meilleures informations sur les voies d’accès, les liens communautaires et les moyens de rester dans les régions où ils ont étudié. Du point de vue de la pratique de l’immigration, cette emphase sur les étudiants reflète la réalité que de nombreux résidents permanents francophones qui réussissent arrivent d’abord par la voie du permis d’études, puis acquièrent une expérience canadienne avant de demander la résidence permanente.
Les employeurs et les communautés ressentiront l’impact de plusieurs façons. Les régions qui participent à des initiatives telles que le programme des Communautés francophones accueillantes, qui est passé de 14 à 24 communautés, seront mieux placées pour attirer et retenir les travailleurs d’expression française et leurs familles. Les employeurs des secteurs de la santé, de l’éducation et des services à la petite enfance, des secteurs cités à plusieurs reprises comme prioritaires, pourraient bénéficier d’événements de recrutement plus ciblés à l’étranger, d’un soutien plus direct de la part de partenaires financés par le gouvernement et, dans certains cas, de volets d’immigration qui reconnaissent plus rapidement leurs offres d’emploi. Pour les communautés qui ont été confrontées au déclin démographique, même quelques dizaines de familles francophones supplémentaires par an peuvent stabiliser les écoles et les services, de sorte que ces objectifs de pourcentage ont des implications locales très concrètes.
Dans l’ensemble, la combinaison actuelle d’objectifs numériques clairs, de financement ciblé par le PSIF et de l’investissement plus large de 25 millions de dollars dans le Centre d’innovation en immigration francophone suggère que l’immigration francophone restera un pilier central de la politique de développement économique et communautaire pour le reste de cette décennie. Les candidats, les étudiants, les employeurs et les organisations communautaires qui comprennent comment ces outils interagissent seront mieux placés pour en bénéficier à mesure que les nouveaux objectifs commenceront à prendre effet.
Citation
"Nouveau financement de 3,6 millions pour stimuler les projets d’immigration francophone et rehausser les objectifs de 2028." RED Immigration Consulting. Published novembre 27, 2025. https://redim.ca/fr/nouveau-financement-3-6-millions-projets-immigration-francophone-objectifs-2028/
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