Le Canada a commencé à tester les visas numériques, signalant un changement majeur dans la manière dont les gens voyageront et interagiront avec son système d’immigration dans les années à venir. Au lieu de se fier uniquement à une vignette de visa imprimée à l’intérieur d’un passeport, un petit groupe de citoyens marocains soigneusement sélectionnés, dont la demande de visa de visiteur a été approuvée, est invité à recevoir une version numérique en plus de la vignette traditionnelle. Ce projet pilote a une portée limitée, mais ses implications pour les futurs visiteurs, les compagnies aériennes et le traitement des demandes d’immigration sont importantes.
Le Canada teste les visas numériques dans le cadre d’un projet pilote contrôlé
Dans le cadre de ce nouveau projet pilote, un petit groupe de ressortissants marocains dont la demande de visa de visiteur canadien a déjà été approuvée peut être invité à recevoir un visa numérique en plus de la vignette de visa physique dans leur passeport. La version numérique ne remplace pas encore la vignette ; elle est utilisée en parallèle. La décision d’immigration sous-jacente et les critères d’admissibilité restent exactement les mêmes. Ce qui change, c’est la manière dont cette décision est stockée, partagée et vérifiée.
Le gouvernement utilise ce projet pilote pour voir comment les visas numériques fonctionnent dans des conditions de voyage réelles. Les autorités examinent la facilité avec laquelle les voyageurs accèdent au document numérique, la fluidité avec laquelle les compagnies aériennes le vérifient et si les systèmes frontaliers lisent les données avec précision. L’objectif est de concevoir une solution sûre, accessible, sécurisée et conviviale, non seulement pour les agents d’immigration, mais aussi pour les voyageurs et les tiers tels que les compagnies aériennes.
Les visas numériques devraient présenter plusieurs avantages au fil du temps. Ils peuvent réduire la nécessité de soumettre ou d’envoyer un passeport par la poste pour obtenir une vignette de visa, améliorer la vérification et la sécurité à l’enregistrement et à la frontière, et permettre aux voyageurs de ne partager que les informations réellement nécessaires à chaque étape.
Pour le gouvernement, ils peuvent rationaliser la prestation des programmes et réduire les coûts liés à l’impression, à l’envoi et à la manipulation des documents physiques. De nombreux professionnels de l’immigration considèrent ce type de modernisation comme essentiel pour répondre aux volumes croissants de demandes et aux attentes des clients.
Parallèlement, la protection de la vie privée et la sécurité restent des priorités. Le projet pilote est mené dans le respect des règles fédérales existantes en matière de protection de la vie privée et de sécurité, et les autorités de l’immigration collaborent avec d’autres ministères pour que les documents de voyage numériques soient conformes aux normes canadiennes et internationales. Ceci est essentiel pour que les compagnies aériennes, les partenaires étrangers et les voyageurs fassent autant confiance aux visas numériques qu’aux vignettes de visa traditionnelles.
Ce que sont les visas numériques et comment d’autres pays évoluent dans la même direction
Un visa numérique est un enregistrement électronique de l’autorisation de voyager et d’entrer dans un pays. Au lieu d’exister uniquement sous la forme d’un autocollant ou d’un tampon dans un passeport, le visa est stocké en toute sécurité dans une base de données d’immigration et lié aux détails du passeport du voyageur, à la catégorie de visa, aux conditions et aux dates de validité. Lorsque le voyageur s’enregistre, la compagnie aérienne peut confirmer cette autorisation par voie électronique, et les agents frontaliers peuvent consulter le même enregistrement lorsque le passeport est scanné à l’arrivée.
Pour le voyageur, un visa numérique se présente généralement sous la forme d’une confirmation téléchargeable, souvent avec un code-barres ou un code QR, et un numéro de référence qui correspond à ce que les autorités ont dans leur dossier. Dans de nombreux systèmes, aucune vignette de visa physique n’est nécessaire une fois que le lien numérique avec le passeport est établi. Le voyageur doit toujours être en possession de son passeport, mais le visa est vérifié numériquement en arrière-plan plutôt qu’en recherchant une vignette imprimée.
Partout dans le monde, on observe une nette tendance dans cette direction. Plusieurs grandes destinations gèrent déjà des programmes de visa électronique (eVisa) ou d’autorisation de voyage électronique à grande échelle où :
- Les demandes sont remplies en ligne et les pièces justificatives sont téléchargées via des portails sécurisés
- Les décisions sont émises sous forme d’approbations numériques liées au numéro de passeport
- Les compagnies aériennes vérifient l’autorisation du voyageur par voie électronique avant l’embarquement
Parmi les partenaires du G7, les autorisations de voyage électroniques pour les voyageurs exemptés de visa et les systèmes de présélection en ligne sont devenus des outils courants. Des régions comme l’Europe développent également des visas de visiteur et des autorisations de voyage entièrement numériques, conçus pour fonctionner sans vignette de visa papier. Bien que chaque système ait son propre cadre juridique et technique, ils convergent tous vers le même avenir : moins de papier, une évaluation des risques davantage axée sur les données et une plus grande dépendance à l’égard d’une identité numérique sécurisée.
Le projet pilote de visa numérique du Canada s’inscrit parfaitement dans cette tendance mondiale, mais adopte une stratégie prudente et progressive en maintenant pour l’instant la vignette physique. De nombreux consultants en immigration considèrent qu’il s’agit d’un moyen judicieux de protéger les voyageurs pendant la transition. Si un système numérique tombe en panne à l’aéroport ou si une compagnie aérienne éprouve des difficultés avec un nouveau format, la vignette de visa visible dans le passeport constitue toujours une solution de repli claire.
Comment ce projet pilote affecte les voyageurs marocains, les délais de traitement et les demandes de passeport
Concrètement, les personnes directement concernées à l’heure actuelle sont les citoyens marocains qui ont :
- Demandé un visa de visiteur canadien
- Reçu une décision d’approbation
- Été sélectionnés et invités à participer au projet pilote de visa numérique
Pour ces voyageurs, le changement potentiel le plus important concerne ce qui se passe après l’approbation. Traditionnellement, une fois qu’un visa de visiteur est approuvé, le demandeur peut être invité à soumettre ou à envoyer son passeport par la poste afin que la vignette de visa puisse être imprimée et apposée. Cette étape est souvent source de retards et d’anxiété. Pendant que le passeport est parti, la personne ne peut pas voyager ailleurs, ne peut pas s’occuper d’autres démarches de visa et doit attendre que le document lui revienne en toute sécurité.
Si les visas numériques sont adoptés progressivement, la nécessité d’envoyer physiquement le passeport pourrait être réduite dans de nombreux cas. Lorsque le visa existe sous la forme d’un enregistrement numérique sécurisé lié aux détails du passeport, il n’est plus nécessaire d’imprimer une vignette. Cela peut raccourcir le délai entre l’approbation et le voyage effectif, réduire le risque de perte ou de détérioration du passeport en transit et diminuer les frais de messagerie.
Pour les familles pressées par le temps pour assister à des événements tels que des mariages, des remises de diplômes ou des réunions d’affaires urgentes, même une semaine d’attente en moins peut être cruciale.
Les conséquences du maintien des demandes de passeport physique sont bien réelles :
- Les délais globaux sont allongés par l’envoi et la manutention, même après l’approbation
- Les projets de voyage doivent être organisés en fonction des périodes où le passeport n’est pas disponible
- Tout retard postal, grève ou colis mal acheminé peut perturber ou annuler un voyage
En revanche, un modèle plus numérique, s’il est mis en œuvre correctement, peut laisser les passeports entre les mains des demandeurs tout en donnant aux compagnies aériennes et aux agents frontaliers des outils puissants pour vérifier l’autorisation. Cela dit, un processus numérique n’est pas automatiquement plus rapide pour tout le monde.
Les voyageurs qui ont des difficultés avec les systèmes en ligne, qui ont un accès limité à Internet ou qui ne sont pas familiers avec le stockage sécurisé de documents peuvent se heurtter à de nouveaux types d’obstacles. Du point de vue d’un consultant en immigration, le succès dépend non seulement de la rapidité, mais aussi de la facilité d’utilisation et de la clarté du système pour les clients.
Il est également important de rappeler que le projet pilote ne modifie pas les règles de base du visa de visiteur. Les demandeurs marocains doivent toujours présenter un passeport valide, un motif de séjour temporaire authentique, des liens indiquant qu’ils quitteront le Canada à la fin de leur séjour, des ressources financières suffisantes et ne présenter aucun problème grave d’ordre criminel, sécuritaire ou médical qui les rendrait interdits de territoire. La décision sur l’admissibilité est la même, que le résultat soit délivré sous la forme d’une vignette, d’un visa numérique ou des deux.
Les frais de visa de visiteur restent également en vigueur. D’après les informations disponibles jusqu’en 2024, une demande de visa de visiteur typique coûte environ 100 dollars canadiens, et les données biométriques pour la plupart des demandeurs ajoutent environ 85 dollars canadiens par personne, sans compter les frais de centre de services ou de messagerie. Le passage à un format numérique pourrait à terme réduire certaines dépenses postales, mais les demandeurs doivent toujours prévoir les frais gouvernementaux de base et tous les coûts connexes.
Certains ressortissants marocains peuvent ne pas avoir besoin de visa pour se rendre au Canada par avion s’ils sont admissibles à une autorisation de voyage électronique (AVE). Une AVE est une exigence d’entrée pour les ressortissants de pays exemptés de visa qui se rendent au Canada par voie aérienne. Elle vise à présélectionner les voyageurs pour s’assurer qu’ils ne présentent pas de risque pour la sécurité avant leur arrivée au Canada. Une AVE est entièrement numérique dès le départ et est liée électroniquement au passeport pour les voyages aériens. Cependant, l’admissibilité à une AVE est limitée et dépend du type de passeport et d’autres facteurs. Il reste essentiel de confirmer si un visa ou une AVE est requis avant de réserver des vols.
D’après l’expérience de nombreux professionnels, les outils numériques ont tendance à profiter à ceux qui sont déjà à l’aise avec les formulaires en ligne, la gestion de documents électroniques et l’utilisation de systèmes de paiement sécurisés. D’autres peuvent se sentir dépassés par l’évolution des exigences et des plateformes. Une communication claire et des conseils professionnels deviennent de plus en plus précieux à mesure que l’immigration entre dans cet environnement numérique plus complexe.
À l’heure actuelle, de nombreux voyageurs et familles sont confrontés à une combinaison de règles de documentation strictes, de demandes exclusivement en ligne, de rendez-vous pour les données biométriques, d’envoi potentiel du passeport par la poste et, maintenant, de nouveaux formats numériques à comprendre. Des erreurs ou des malentendus à n’importe quelle étape peuvent entraîner des retards, voire des refus. Travailler avec un consultant en immigration qualifié peut aider à y voir plus clair dans les options telles que les visas numériques, les visas traditionnels ou les AVE, à identifier la bonne voie à suivre et à s’assurer que les demandes sont préparées avec soin et présentées correctement aux autorités de l’immigration canadienne au fur et à mesure que ces nouvelles technologies continuent de se développer.
Citation
"Le Canada teste les visas numériques : un virage vers la fin des vignettes papier." RED Immigration Consulting. Published novembre 27, 2025. https://redim.ca/fr/le-canada-teste-les-visas-numeriques-un-virage-vers-la-fin-des-vignettes-papier/
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