Le secteur du transport routier au Canada est l’épine dorsale du commerce et des chaînes d’approvisionnement, mais de nombreux camionneurs demeurent vulnérables en raison d’une pratique illégale croissante : la classification erronée des travailleurs. Dans un geste audacieux pour protéger ces travailleurs essentiels, le gouvernement fédéral lance une opération d’inspection ciblée à Hamilton et dans la région du Grand Toronto (RGT), visant à sévir contre les entreprises qui qualifient à tort leurs employés d’entrepreneurs indépendants.
Cette initiative de contrôle s’appuie sur des années de préoccupation croissante concernant les droits du travail dans le secteur du camionnage, en particulier dans les industries sous réglementation fédérale. Il ne s’agit pas seulement d’une question juridique, mais de dignité, de sécurité et d’équité pour les travailleurs qui font tourner l’économie canadienne.
Lutte contre la classification erronée : ce que l’opération ciblera
La classification erronée se produit lorsqu’un travailleur est embauché en tant qu’entrepreneur indépendant, même si son rôle, ses fonctions et ses conditions de travail le qualifient comme employé en vertu du Code canadien du travail. Bien que cela puisse sembler un détail administratif, les conséquences sont graves :
- Les travailleurs perdent leur droit au salaire minimum, aux congés payés et aux protections en matière de santé et de sécurité.
- Ils se voient refuser l’accès aux cotisations à l’assurance-emploi et au Régime de pensions du Canada.
- Les employeurs se soustraient à leurs responsabilités, comme les versements d’impôts et les assurances, créant une concurrence déloyale dans l’industrie.
L’opération d’inspection sera menée par le Programme du travail d’Emploi et Développement social Canada (EDSC) et se concentrera sur :
- Assurer la conformité avec les normes fédérales du travail.
- Enquêter sur les cas présumés de classification erronée.
- Imposer des sanctions aux employeurs qui enfreignent la loi.
- Partager les conclusions avec l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour l’application des lois fiscales.
De l’avis des experts en droit du travail et en immigration, cette mesure était attendue depuis longtemps. La classification erronée est devenue une méthode pour certaines entreprises de camionnage afin de réduire les coûts au détriment de la protection des travailleurs. Pour les nouveaux arrivants et les travailleurs étrangers temporaires, ce problème peut être particulièrement préjudiciable, menant à l’exploitation et à l’insécurité d’emploi.
Pourquoi la classification erronée dans le camionnage est importante pour l’immigration et les droits du travail
Le secteur du camionnage dépend depuis longtemps de travailleurs nés à l’étranger, dont beaucoup détiennent des permis de travailleur étranger temporaire (TET), des permis de travail en vertu d’une EIMT ou même des permis de travail ouverts. Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) permet aux employeurs canadiens d’embaucher des travailleurs étrangers pour combler des pénuries de main-d’œuvre lorsque des Canadiens ou des résidents permanents ne sont pas disponibles. Une Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT) est souvent requise pour démontrer ce besoin. Un permis de travail ouvert n’est pas lié à un employeur spécifique, offrant au titulaire la flexibilité de travailler pour presque n’importe quel employeur au Canada. Ces travailleurs n’ont souvent pas une pleine conscience de leurs droits et peuvent se sentir contraints d’accepter des postes mal classifiés en raison de leur statut précaire ou de la peur de représailles.
L’opération d’inspection fédérale est lancée parallèlement à des outils politiques plus solides introduits par la Loi n° 1 d’exécution du budget de 2024, entrée en vigueur le 21 juin 2024. Ces mesures comprennent :
- Des interdictions législatives claires contre la classification erronée.
- Des pouvoirs d’application élargis pour les inspecteurs fédéraux.
- Un plus grand partage d’informations entre l’ARC et le Programme du travail.
- Une collaboration accrue avec le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour signaler les employeurs à haut risque.
Depuis le lancement de la stratégie nationale en 2023, l’Équipe sur la classification erronée du Programme du travail a déjà réalisé :
- Plus de 670 inspections
- 420 séances d’information à travers le Canada
Pourtant, malgré ces efforts, la classification erronée reste répandue dans le transport long-courrier, en particulier en Ontario et au Québec. Cela a incité le gouvernement à concentrer ses efforts de contrôle là où le problème est le plus aigu.
Du point de vue d’un consultant en immigration, cette campagne d’inspection pourrait également inciter certains travailleurs temporaires à réévaluer leur statut juridique et la conformité de leur employeur. Il est important que les travailleurs étrangers sachent qu’être correctement classé comme employé protège non seulement leurs droits, mais soutient également leurs objectifs d’immigration à long terme, tels que la résidence permanente dans le cadre de programmes axés sur l’employeur.
Une application plus stricte pour une industrie plus sûre et plus juste
Bien que de nombreuses entreprises de camionnage canadiennes respectent la loi et traitent leurs travailleurs équitablement, la classification erronée donne aux employeurs sans scrupules un avantage illégal en matière de coûts. Elle fausse la concurrence et tire les salaires vers le bas dans l’ensemble du secteur.
En renforçant l’application conjointe entre les autorités du travail et les autorités fiscales, le gouvernement fédéral signale une position plus ferme qui priorise les droits des travailleurs et l’intégrité de l’industrie. La proposition du Budget de 2025 inclut également de nouvelles mesures de partage de données de l’ARC, visant à renforcer la conformité fiscale parallèlement à l’application des normes du travail.
L’effet d’entraînement de cette initiative pourrait être significatif. Avec la demande croissante de camionneurs à travers le pays et une dépendance accrue à l’égard de l’immigration pour combler les postes vacants, assurer la conformité légale n’est pas seulement une question de travail, c’est un impératif économique national.
C’est aussi une question humaine. Lorsque les travailleurs sont correctement classés, ils ont accès à l’ensemble des avantages sociaux, à la sécurité nécessaire pour subvenir aux besoins de leur famille et à une voie légitime pour se construire une vie au Canada. La classification erronée leur enlève tout cela, et la réponse du gouvernement signale un virage vers l’équité et la responsabilité.
Pour de nombreux nouveaux arrivants et travailleurs temporaires dans le secteur du camionnage, des conditions d’emploi floues et la peur de perdre leur emploi créent une hésitation à dénoncer les pratiques déloyales. Mais avec les inspections fédérales en cours et l’augmentation des sanctions, il est crucial de comprendre vos droits en matière d’emploi. Si vous n’êtes pas sûr de votre classification, ou si vos conditions de travail affectent vos options d’immigration, consulter un consultant en immigration réglementé peut vous apporter clarté, défense de vos droits et soutien. Nos services incluent des conseils sur la conformité de l’employeur, la documentation légale et les voies sûres vers la résidence permanente.
Citation
"Protection des camionneurs étrangers : Le Canada lance une opération de contrôle contre la classification erronée." RED Immigration Consulting. Published décembre 1, 2025. https://redim.ca/fr/protection-des-camionneurs-etrangers-le-canada-lance-une-operation-de-controle-contre-la-classification-erronee/
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