Le rapport annuel 2025 sur les candidats des provinces met en évidence une transformation majeure dans la gestion de l’immigration économique. L’élément le plus marquant ne réside pas uniquement dans la diminution du nombre de désignations disponibles. Il tient surtout au fait que ces places limitées ont été délibérément réorientées vers le secteur de la santé, les travailleurs touchant des salaires plus élevés, les collectivités régionales et les candidats jugés aptes à générer des retombées économiques immédiates. La province a amorcé l’année 2025 avec seulement 4 000 places de désignation, soit à peine 50 % de l’allocation de 8 000 places attribuée en 2024, alors qu’elle comptait déjà un inventaire d’environ 5 200 demandes. Une bonification fédérale accordée ultérieurement a porté l’allocation définitive à 6 214 places, lesquelles ont toutes été utilisées.
L’année 2025 constitue ainsi un point de repère essentiel pour comprendre l’orientation future de l’immigration économique provinciale. Depuis sa création en 2001, le programme a sélectionné plus de 93 000 travailleurs et entrepreneurs, comptabilisant près de 67 000 désignations entre 2016 et 2025. En tenant compte des membres de la famille qui les accompagnaient, plus de 155 000 personnes ont obtenu la résidence permanente grâce à ce programme. Le rapport met également en lumière un taux de rétention élevé : 97 % des candidats désignés résidaient toujours dans la province un an après l’obtention de la résidence permanente, et 92 % y demeuraient après cinq ans. De plus, leur revenu médian était supérieur de 13 600 $ à celui de l’ensemble des candidats désignés à l’échelle nationale pour la cohorte comparable la plus récente.
90 % des candidats désignés vivaient et travaillaient déjà dans la province
La réduction de l’allocation a contraint le programme à délaisser les rondes d’invitations généralisées. La réception de nouveaux dossiers a été largement restreinte aux professionnels de la santé ainsi qu’aux travailleurs reconnus pour leur apport économique substantiel, démontré par des salaires élevés ou des scores d’enregistrement rigoureux.
Environ 90 % des candidats désignés vivaient et travaillaient déjà dans la province, ce qui démontre que le programme a agi de plus en plus comme une passerelle pour les résidents temporaires déjà établis sur place plutôt que comme un mécanisme de recrutement à l’étranger.
Le volet Compétences (Skills Immigration) a totalisé 6 195 désignations, tandis que le volet Entrepreneurs (Entrepreneur Immigration) n’en a enregistré que 19, atteignant ainsi le total de 6 214 désignations. Le volet Compétences représente habituellement environ 99 % des désignations, bien que l’accord fédéral-provincial autorise jusqu’à 5 % de la cible pour les entrepreneurs.
Parmi les candidats désignés du volet Compétences, environ 41 % provenaient de la catégorie Diplômés de cycle supérieur international (International Post-Graduate), 27 % de la catégorie Autorités de la santé (Health Authority), 22 % de la catégorie Travailleurs qualifiés (Skilled Worker), 9 % de la catégorie Diplômés internationaux (International Graduate) et environ 1 % de la catégorie Débutants et semi-qualifiés (Entry-Level and Semi-Skilled). Au total, 50 % des sélections relevaient des deux catégories destinées aux diplômés, tandis que 59 % appartenaient à des filières exigeant un emploi répondant à un besoin du marché du travail.
La province n’a délivré que 978 invitations à présenter une demande en 2025. Parmi celles-ci, 748 se sont concrétisées par une demande officielle, soit un taux de conversion de 76,5 %. Le programme a rendu 6 553 décisions relatives au volet Compétences, une baisse de 25,4 % par rapport aux 8 784 de 2024. Néanmoins, 6 195 décisions se sont soldées par une désignation, établissant un taux d’approbation exceptionnellement élevé de 94,5 %.
Dans l’optique de la planification de l’immigration, ce taux d’approbation ne doit pas laisser croire que l’obtention d’une désignation est devenue plus facile. C’est en fait l’inverse qui se produit : un nombre nettement inférieur de candidats a été invité, mais les personnes sélectionnées correspondaient de manière beaucoup plus étroite aux priorités établies.
La santé, les salaires plus élevés et l’immigration régionale ont dominé
Le secteur de la santé a incarné le virage politique le plus manifeste. Le rapport fait état de 1 435 personnes désignées dans des professions de la santé jugées prioritaires et de 409 éducateurs de la petite enfance désignés. Le nombre de professionnels de la santé exerçant au sein des autorités publiques de santé a bondi, passant de 675 en 2024 à 1 241 en 2025, soit une hausse de 84 %, représentant environ 27 % de l’allocation annuelle.
Selon la classification clinique plus ciblée adoptée dans le rapport, 1 374 candidats désignés en santé clinique ont été sélectionnés, dont 1 180 employés par les autorités de la santé et 194 par d’autres employeurs. Cela représentait 22,2 % des candidats désignés du volet Compétences. Cette cohorte comptait 218 médecins ainsi que 652 infirmiers autorisés et infirmiers praticiens. Les variations observées dans les totaux de la santé s’expliquent par les différentes définitions professionnelles appliquées dans les sections du rapport.
Les initiatives ciblées de recrutement international ont elles aussi entraîné d’importantes variations. Dans deux bassins majeurs de recrutement, les désignations de médecins ont grimpé de 139 % et de 290 %, tandis que les désignations d’infirmiers autorisés ont progressé de 17 % et de 208 %. Ensemble, ces deux marchés ont permis de sélectionner 335 médecins, infirmiers autorisés et infirmiers praticiens.
D’autres secteurs prioritaires ont suivi la trajectoire inverse. Les désignations dans les services de garde à l’enfance ont reculé de 1 279 à 409, celles de vétérinaires sont tombées à 25, et le secteur de la construction a totalisé 266 désignations. Les désignations dans les technologies ont poursuivi leur baisse, passant de 2 490 en 2023 (soit 30,4 % des désignations du volet Compétences) à 1 302 en 2024 (soit 16,3 %), puis à seulement 607 en 2025 (soit 9,8 %). Cela dit, depuis l’attribution d’une priorité aux technologies en 2017, le programme a désigné 13 868 travailleurs de la technologie.
La hausse des rémunérations s’est imposée comme une autre caractéristique déterminante. Le salaire horaire médian des candidats désignés au volet Compétences s’est élevé à 41,42 $, soit 12,42 $ de plus qu’en 2024 et 8,93 $ au-dessus du salaire médian provincial de 32,49 $ l’heure. Plus de 99 % des personnes désignées ayant une offre d’emploi gagnaient un salaire supérieur au salaire minimum provincial.
Les salaires annuels médians se sont chiffrés à 105 000 $ pour les Travailleurs qualifiés, à 80 769 $ pour les candidats des Autorités de la santé, à 57 200 $ pour les Diplômés internationaux et à 42 685 $ pour les candidats Débutants et semi-qualifiés. Pour l’ensemble des catégories où les données salariales étaient accessibles, le salaire médian s’est établi à 80 769 $ et la moyenne à 110 236 $.
L’immigration régionale est demeurée robuste. 38 % des candidats désignés du volet Compétences se sont installés à l’extérieur du Grand Vancouver, surpassant la cible de 35 % du programme, tandis que 100 % des candidats désignés du volet Entrepreneurs se sont établis hors du Grand Vancouver, comparativement à un objectif de 60 %. Le rapport indique que 64,9 % (soit 4 018 personnes) se sont installées dans la région du Mainland/Sud-Ouest, 15,6 % (964 personnes) sur l’île de Vancouver et la Côte, 12,2 % (756 personnes) dans les régions du sud-est, et 7,4 % (457 personnes) dans les régions du nord.
Les enseignements clés du rapport pour les candidats
En 2025, seules les filières des Travailleurs qualifiés et des Autorités de la santé sont demeurées ouvertes aux demandes tout au long de l’année. La filière des Diplômés internationaux avait déjà été suspendue, celle des Diplômés de cycle supérieur international a fermé au début de janvier 2025, et la filière Débutants et semi-qualifiés est restée inactive avant sa fermeture ultérieure.
Pour les filières qui utilisent le système de déclaration d’intérêt (inscription), les candidats doivent maîtriser les principaux facteurs de sélection :
• le niveau de scolarité
• l’expérience de travail
• les compétences linguistiques dans les langues officielles
• le taux horaire offert par l’employeur
• le lieu de travail
L’inscription elle-même est gratuite, demeure active pour une durée maximale d’un an, et les candidats invités disposent en principe de 30 jours pour soumettre leur demande et payer les frais de traitement requis. Comme le rapport annuel n’indique pas le montant des frais d’adhésion ou de traitement, les candidats doivent consulter le barème officiel des frais du gouvernement avant de transmettre leur dossier.
Le volet Entrepreneurs a également suscité un regain d’intérêt. De 2016 à 2025, les entrepreneurs désignés ont mis sur pied 394 entreprises, créé 1 306 emplois et investi 186 millions de dollars. En 2025, la composante de base (Base) a reçu 191 inscriptions, soit un bond de 71 % par rapport aux 112 de 2024. Parmi celles-ci, 106 (ou 55 %) ont été admises dans le bassin et 95 (ou 50 %) ont obtenu une invitation. La composante régionale a recueilli 11 inscriptions, dont 9 (soit 82 %) ont été déclarées admissibles et ont reçu une invitation. Au total, 65 demandes relatives aux entrepreneurs ont été déposées, dont 56 dans la filière de base et 9 dans la filière régionale, contre 42 demandes en 2024. Le programme a approuvé 39 entrepreneurs à l’étape du permis de travail et a finalement désigné 19 personnes, contre 28 en 2024 et 32 en 2023. Ces 19 entrepreneurs ont créé 42 emplois et investi près de 5 millions de dollars.
Le message politique fondamental est sans équivoque. La désignation provinciale ne consiste plus simplement à satisfaire aux critères d’admissibilité minimaux ; elle exige de faire la preuve d’un apport mesurable pour l’économie ou les services publics. Pour 2026, le programme a fixé des cibles de 1 620 à 2 015 désignations en santé, de 360 à 440 désignations d’éducateurs de la petite enfance, d’au moins 35 % de désignations régionales pour le volet Compétences, et d’au moins 60 % de désignations régionales pour le volet Entrepreneurs.
Face à des quotas de désignation restreints, à la fermeture des volets d’études supérieures, à une concurrence accrue et à des contrôles antifraude renforcés , comprenant plus de 2 000 examens de dossiers ou enquêtes à la fin de 2025 , , les candidats doivent évaluer attentivement leur admissibilité plutôt que de supposer que les tendances de sélection passées perdureront. La classification rigoureuse de la profession, les justificatifs de salaire, la documentation fournie par l’employeur, le choix de la région et l’exactitude des renseignements déclarés s’avèrent de plus en plus déterminants. En cas de doute sur l’admissibilité ou sur la stratégie à adopter, un accompagnement professionnel permet d’obtenir des conseils, de bien préparer sa demande et de bénéficier d’une représentation adéquate par l’entremise d’un consultant en immigration.
Citation
"Le rapport 2025 du PCP CB révèle un virage majeur vers la santé et les travailleursTITLE: Le rapport 2025 du BC PNP révèle un virage majeur vers la santé et les travailleurs à salaire élevé." RED Immigration Consulting. Published septembre 3, 2026. https://redim.ca/fr/le-rapport-2025-du-bc-pnp-revele-un-virage-majeur-vers-la-sante-et-les-travailleurs-a-salaire-eleve/
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