Les récentes mesures fédérales et provinciales convergent de plus en plus vers une même direction : former davantage de travailleurs pour les professions touchées par des pénuries, aider les travailleurs déjà présents au Canada à perfectionner leurs compétences et utiliser la sélection en matière d’immigration pour retenir les gens de métier qualifiés. Ces mesures ne constituent pas un programme d’immigration unique et ne garantissent en rien la résidence permanente. Toutefois, pour les travailleurs dont les professions, les compétences et l’expérience correspondent aux priorités actuelles, les métiers spécialisés peuvent représenter une voie potentielle qui mérite d’être planifiée avec soin.
La politique fédérale s’harmonise avec la sélection Entrée express pour les métiers spécialisés
Le gouvernement fédéral a récemment instauré une mesure temporaire permettant aux titulaires d’un permis de travail admissibles d’étudier pendant une durée maximale de 6 mois sans permis d’études, ou jusqu’à l’expiration de leur permis de travail actuel, selon la première de ces éventualités. Cette mesure demeure en vigueur jusqu’au 31 décembre 2027. Les études à temps plein exigent toujours un permis d’études. Le gouvernement a également réitéré son objectif de réduire la proportion de résidents temporaires à moins de 5 % de la population d’ici la fin de 2027.
Cette mesure est particulièrement pertinente lorsqu’on l’examine à la lumière des priorités du système fédéral Entrée express. Le 2 avril 2026, la ronde d’invitations 408 d’Entrée express a invité 3 000 candidats dans la catégorie des professions des métiers spécialisés, avec une note minimale du SCG de 477. La règle de départage s’appliquait au 14 février 2026 à 20:53:54 UTC.
Pour 2026, la catégorie fédérale des métiers spécialisés couvre 25 codes de la CNP :
Les candidats doivent généralement satisfaire aux exigences suivantes :
- Être admissible au titre d’au moins un programme d’Entrée express
- Cumuler au moins 12 mois d’expérience de travail admissible dans une profession admissible au cours des 3 années précédentes
- Avoir un profil Entrée express valide
- Obtenir une note du SCG suffisamment concurrentielle pour la ronde d’invitations visée
- Respecter les exigences du programme fédéral au titre duquel ils se qualifient
L’orientation générale des politiques est importante. Les autorités fédérales permettent à certains travailleurs d’accéder plus facilement à des formations de courte durée, tandis qu’Entrée express continue de sélectionner expressément des professions des métiers spécialisés. Parallèlement, les provinces investissent dans la formation et utilisent les programmes des candidats des provinces pour sélectionner la main-d’œuvre requise sur leurs propres marchés du travail.
Cela ne doit pas être interprété comme la promesse que le fait de suivre une formation dans un métier spécialisé mènera automatiquement à la résidence permanente. Cela crée plutôt une voie potentielle pour les travailleurs capables d’agencer dans le bon ordre la formation, l’accréditation professionnelle, l’expérience professionnelle et l’admissibilité à l’immigration.
Il existe également un chevauchement considérable entre les priorités fédérales et provinciales. Huit des neuf codes CNP prioritaires de la Colombie-Britannique dans le secteur de la construction figurent également dans la catégorie fédérale des métiers d’Entrée express. La CNP 72301, tuyauteurs/tuyauteuses, monteurs/monteuses d’appareils de chauffage et poseurs/poseuses de gicleurs, figure sur la liste prioritaire de la construction de la C.-B., mais ne fait pas partie actuellement de la catégorie fédérale des métiers. Les travailleurs doivent par conséquent vérifier leur admissibilité séparément pour chaque programme.
Les provinces renforcent le bassin de main-d’œuvre des métiers spécialisés
L’Ontario a attribué 40 000 nouvelles places dans l’enseignement postsecondaire, en plus des 30 000 places précédemment financées, dans le cadre d’un investissement de 1,7 milliard de dollars soutenant plus de 70 000 places supplémentaires selon un modèle élargi de financement postsecondaire de 6,4 milliards de dollars.
Cette capacité additionnelle comprend :
- 40 200 places en STIM
- 16 100 places en soins de santé
- 7 900 places en éducation
- 3 800 places dans les métiers spécialisés
- 3 000 autres places axées sur les besoins du marché du travail
Plus de 1 000 lettres d’employeurs sont venues appuyer cette expansion. Les fonds additionnels comprennent 90 millions de dollars pour 2 769 places au sein d’un établissement, près de 1 milliard de dollars pour plus de 100 000 places par le truchement du budget 2025, et 57 millions de dollars pour les instituts autochtones, dont 33 millions de dollars soutenant jusqu’à 780 places. Le soutien opérationnel annuel devrait atteindre 7 milliards de dollars, soit une hausse de 30 %.
La Colombie-Britannique réalise un investissement semblable. La province ajoute 272 nouvelles places de formation dans les métiers spécialisés en 2026-2027 au sein d’un important institut technique, s’inscrivant dans un ensemble de 5 000 nouvelles places de formation professionnelle à l’échelle provinciale. Près de 900 places avaient déjà été ajoutées dans cet établissement, tandis que plus de 2 000 places supplémentaires sont créées dans la région du Lower Mainland. La C.-B. investit 241 millions de dollars sur trois ans dans la formation liée aux professions en forte demande.
Ces investissements peuvent aider les travailleurs qui ont besoin d’une formation canadienne, d’avancer dans un parcours d’apprentissage ou d’obtenir un certificat de qualification professionnelle. Toutefois, le simple fait de s’inscrire dans un collège ou dans un programme de métiers n’accorde aucun statut d’immigration et ne garantit pas l’admissibilité à une désignation provinciale.
Pour quiconque envisage cette filière, la question pratique ne consiste pas seulement à savoir si les métiers sont « en demande ». La question la plus utile est de déterminer si le travailleur peut bâtir un profil qui répond à la fois aux exigences d’emploi et aux critères de l’immigration.
À quoi peut ressembler un cheminement à 94 points pour les métiers du BC PNP
Les seuils de sélection de la Colombie-Britannique pour la construction sont passés de 108 points et 121 invitations le 6 mai, à 101 points et 128 invitations le 2 juin, 97 points et 136 invitations le 9 juillet, 88 points et 187 invitations le 6 août, puis 94 points et 104 invitations le 10 septembre 2026.
La province priorise actuellement les professions de la construction, notamment les codes CNP 72106, 72200, 72201, 72300, 72301, 72310, 72400, 72401 et 72402. Un facteur déterminant pour ces travailleurs est souvent négligé : un certificat de qualification professionnelle valide de SkilledTradesBC ou un contrat d’apprentissage enregistré auprès de SkilledTradesBC peut procurer 5 points supplémentaires au titre de titre professionnel.
Ces 5 points ne sont pas attribués simplement parce qu’une personne travaille dans l’une de ces CNP. Le travailleur doit détenir le titre professionnel admissible correspondant. Pour les travailleurs qui visent une invitation ciblée dans le secteur de la construction (Build), le certificat approprié de SkilledTradesBC ou l’enregistrement de l’apprentissage fait également partie des exigences de sélection propres à la construction.
Considérons un travailleur d’un métier de la construction admissible, employé dans une collectivité de la zone 3 (Area 3). Le travailleur gagne de 26,00 $ à 26,99 $ de l’heure, ce qui lui confère 11 points. Comme l’emploi est situé dans la zone 3, 15 points additionnels s’appliquent. Une expérience régionale admissible antérieure apporte 10 points. Avec un peu plus de deux ans d’expérience directement liée, le candidat reçoit 8 points, et un emploi actuel à temps plein en Colombie-Britannique auprès de l’employeur qui appuie la demande ajoute 10 points.
Un baccalauréat rapporte 15 points, un NCLC 7 accorde 20 points, et le titre de qualification professionnelle admissible de SkilledTradesBC ajoute les 5 derniers points. Le total atteint 94 points. Cet exemple démontre pourquoi l’emplacement géographique et la certification peuvent transformer de façon tangible un profil. Le travailleur n’a pas besoin d’un salaire exceptionnellement élevé, mais plusieurs facteurs doivent concorder de manière concertée.
Un autre travailleur pourrait atteindre le même seuil tout en travaillant dans la région métropolitaine de Vancouver. Dans cette situation, le travailleur reçoit 0 point lié à l’emplacement régional, mais touche de 50,00 $ à 50,99 $ de l’heure, ce qui lui procure 35 points. Une expérience directement liée d’un an à moins de deux ans donne 4 points. L’emploi actuel en C.-B. ajoute 10 points, et au moins une année d’expérience canadienne directement liée admissible apporte 10 points supplémentaires. Un baccalauréat fournit 15 points, un NCLC 6 rapporte 15 points, et le titre professionnel admissible dans un métier spécialisé confère 5 points. Le total s’établit à nouveau à 94 points.
Ces cas de figure démontrent qu’il n’existe pas de formule unique. Un travailleur peut miser davantage sur l’emploi en région, tandis qu’un autre tirera profit de salaires plus élevés et d’une expérience de travail au Canada.
Toute personne envisageant les métiers spécialisés comme voie potentielle d’immigration devrait donc, en premier lieu, identifier la bonne CNP et déterminer si la profession fait partie des listes prioritaires fédérales ou provinciales. Les étapes suivantes consistent à évaluer si un certificat de qualification ou un enregistrement à l’apprentissage est requis, à acquérir une expérience de travail admissible, à conserver un statut d’immigration valide, à améliorer ses résultats linguistiques dans la mesure du possible, et à s’assurer que l’offre d’emploi, le salaire et l’employeur répondent aux exigences du BC PNP.
Il est également essentiel de calculer distinctement la note d’inscription au BC PNP et le score fédéral du SCG. Un travailleur peut être concurrentiel à l’échelle provinciale mais pas au niveau fédéral, ou satisfaire aux critères d’Entrée express sans pour autant être concurrentiel en vue d’une invitation provinciale.
L’harmonisation récente entre investissements dans la formation, sélections par catégorie pour les métiers dans Entrée express et rondes d’invitations du BC PNP pour la construction ne trace donc pas une voie d’accès automatique à la résidence permanente. Elle établit néanmoins une voie potentielle pour les travailleurs qui agencent de manière stratégique la profession, la certification, l’expérience, les compétences linguistiques, le salaire et le lieu d’emploi requis.
Puisque ces éléments doivent être réunis avant la réception d’une invitation et être ensuite appuyés par des pièces justificatives, les travailleurs devraient s’abstenir de changer d’emploi, de choisir une formation ou de réclamer des points d’inscription dans le seul but de correspondre au score d’une ronde antérieure sans avoir préalablement vérifié les conséquences sur leur projet d’immigration. Les services d’un consultant en immigration peuvent aider à cerner la voie appropriée, à calculer les pointages, à planifier les démarches de certification et d’emploi, à préparer la documentation, à fournir des conseils sur l’admissibilité et à représenter les demandes d’immigration.
Citation
"Les métiers spécialisés deviennent une voie d’immigration potentielle grâce à l’harmonisation des politiques fédérales et provinciales." RED Immigration Consulting. Published septembre 11, 2026. https://redim.ca/fr/les-metiers-specialises-deviennent-une-voie-dimmigration-potentielle-grace-a-lharmonisation-des-politiques-federales-et-provinciales/
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