Les étudiants internationaux qui obtiennent la résidence permanente constituent désormais une composante majeure de la main-d’œuvre qualifiée. Une nouvelle étude conjointe s’appuyant sur le Recensement de 2021 a suivi 260 730 immigrants ayant déjà détenu un permis d’études afin d’analyser la corrélation entre leur domaine de formation et l’emploi occupé après l’immigration. Pour quiconque doit choisir un programme d’études, des codes CNP ou une stratégie de RP, les chiffres envoient un signal clair : le domaine et le lieu des études influencent fortement la facilité de transition vers un travail qualifié admissible.
Ce que disent les données sur les parcours éducatifs des anciens étudiants
L’étude regroupe les domaines en quatre catégories : STIM, santé, commerce et administration, et tous les autres domaines, puis examine trois niveaux de scolarité : inférieur au baccalauréat, baccalauréat, et supérieur au baccalauréat.
Parmi toutes les cohortes d’établissement et les groupes détaillés dans le tableau, les effectifs totaux variaient de 61 800 à 590 250 individus, selon le type d’immigrant et le lieu d’obtention du diplôme le plus élevé. Au sein de ces groupes :
- Parmi les anciens étudiants devenus résidents permanents entre 2016 et 2021 ayant obtenu leur plus haut diplôme dans le pays d’accueil, environ 39 % ont étudié en STIM, 33 % en commerce et administration, et moins de 5 % dans le domaine de la santé.
- À titre de comparaison, la part des STIM était de 35 % pour les anciens étudiants dont le diplôme le plus élevé a été obtenu à l’étranger et de 30 % pour les immigrants n’ayant jamais été étudiants internationaux, tandis que les parts de la santé étaient respectivement de 11 % et 12 % pour ces deux derniers groupes.
- Parmi les anciens étudiants ayant obtenu leur plus haut diplôme dans le pays d’accueil, 41 % détenaient un titre de compétence supérieur au baccalauréat (46 585 sur 113 440), 29 % possédaient un baccalauréat et 30 % se situaient à un niveau inférieur au baccalauréat.
- Parmi les anciens étudiants dont le diplôme le plus élevé provenait de l’étranger, 59 % détenaient un baccalauréat et 28 % un diplôme de niveau supérieur au baccalauréat.
Au sein de ces niveaux de scolarité, les choix de domaines varient :
- Pour les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil à un niveau inférieur au baccalauréat, environ 26 % étaient en STIM, 39 % en commerce et 7 % en santé.
- Au niveau du baccalauréat, la part des STIM grimpait à 34 %, celle du commerce chutait à environ 34 %, et la santé se situait autour de 3 %.
- Pour les diplômés de cycles supérieurs, les STIM atteignaient 51 %, le commerce environ 28 % et la santé environ 3 à 4 %.
Les tableaux de distribution complète montrent que la part des STIM, toutes combinaisons confondues, varie approximativement de 18,8 % à 51,4 %, celle du commerce de 21,6 % à 38,9 %, celle de la santé de 2,5 % à 20,1 %, et celle des « autres » domaines de 18,0 % à 40,4 %. Ces tendances sont cruciales pour l’immigration, car de nombreux programmes économiques et volets provinciaux ciblent explicitement les profils en STIM et en santé, alors que les programmes de commerce et les programmes généraux de niveau collégial sont plus fréquents mais moins étroitement liés à des professions spécifiques de haute compétence.
L’adéquation entre les études et le travail – un enjeu majeur pour la RP
La question centrale pour l’immigration est simple : après être devenus résidents permanents, les anciens étudiants travaillent-ils réellement dans des professions correspondant à leur domaine d’études et classées dans les catégories FÉER admissibles ?
Pour l’ensemble des anciens étudiants internationaux :
- Dans les domaines des STIM, 43,0 % occupaient des professions STIM, et 4,8 % occupaient des rôles connexes aux STIM.
- Dans les domaines de la santé, le taux d’adéquation avec le domaine d’études était de 56,7 %.
- En commerce et administration, seulement 35,2 % travaillaient dans des professions connexes (en excluant les emplois de commerce peu qualifiés), et près de 50 % travaillaient dans d’autres professions, dont 21 % dans des rôles peu qualifiés.
- Entre 4,1 % et 8,8 % des diplômés des principaux domaines n’ont pas travaillé du tout en 2020 ou 2021.
Par niveau de scolarité, les taux d’adéquation pour les anciens étudiants étaient les suivants :
- STIM : 21,9 % pour le niveau inférieur au baccalauréat, 39,6 % au baccalauréat, 53,1 % au-dessus du baccalauréat.
- Commerce et administration : 19,3 % pour le niveau inférieur au baccalauréat, 38,4 % au baccalauréat, 44,6 % au-dessus du baccalauréat.
- Santé : 53,8 % pour le niveau inférieur au baccalauréat, 62,1 % au baccalauréat, 51,6 % au-dessus du baccalauréat.
Parallèlement, la proportion d’anciens étudiants occupant des professions peu qualifiées (FÉER 4 et 5) variait d’environ 10,5 % à 31,0 % selon le domaine et le niveau, atteignant son maximum pour les diplômés en commerce de niveau inférieur au baccalauréat (30,9 % à 31,0 %). Pour l’immigration, cela signifie qu’une part substantielle de diplômés, particulièrement ceux issus de programmes collégiaux en commerce, n’occupent pas d’emplois de catégories FÉER 0 à 3, lesquels sont reconnus comme de l’expérience qualifiée.
Au sein des sous-domaines des STIM :
- Les taux d’adéquation globaux étaient de 47,3 % pour le génie et la technologie du génie, 47,9 % pour les mathématiques et les sciences de l’informatique et de l’information, et de 23,9 % à 24 % pour les sciences et technologies des sciences.
- Les diplômés en sciences étaient plus susceptibles de travailler dans des professions de la santé (8 %), dans d’autres emplois hautement qualifiés (20 %, dont 12 % dans les services d’enseignement) et dans des rôles peu qualifiés (14 %, dont environ 8 % dans les ventes et services).
Comparativement aux autres immigrants n’ayant pas étudié au Canada :
- L’adéquation globale en STIM pour les anciens étudiants était de 43,0 %, contre 30,1 % pour les autres immigrants et 31,9 % pour les diplômés nés au Canada.
- L’adéquation en santé pour les anciens étudiants était de 56,7 %, contre 56,0 % pour les autres immigrants et 65,8 % pour les diplômés nés au Canada.
- L’adéquation en commerce pour les anciens étudiants était de 35,2 %, contre 25,2 % pour les autres immigrants et 44,8 % pour les diplômés nés au Canada.
Le lieu d’obtention du diplôme le plus élevé marque une différence majeure :
- En STIM, tous niveaux confondus, les anciens étudiants ayant obtenu leur plus haut diplôme dans le pays d’accueil affichaient une adéquation de 47,9 %, contre 31,7 % pour ceux dont le diplôme le plus élevé provenait de l’étranger et 30,1 % pour les immigrants sans expérience d’études au Canada.
- En santé, l’adéquation parmi les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil était de 57,5 %, contre 49,3 % pour ceux ayant étudié à l’étranger.
- En commerce, l’adéquation parmi les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil était de 37,6 %, contre 29,0 % pour ceux ayant étudié à l’étranger et 25,2 % pour les autres immigrants.
À des niveaux spécifiques :
- En STIM au niveau du baccalauréat, l’adéquation pour les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil était de 46 %, contre 33 % pour ceux diplômés à l’étranger et 31 % pour les autres immigrants.
- En STIM au-dessus du baccalauréat, l’adéquation était de 57 % pour les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil, 34 % pour ceux issus de programmes étrangers et 40 % pour les autres immigrants.
- En santé au niveau du baccalauréat, l’adéquation était de 66 % pour les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil et de 80 % pour les personnes nées au Canada.
- En commerce au niveau du baccalauréat, l’adéquation était de 45 % pour les anciens étudiants diplômés dans le pays d’accueil et de 54 % pour les personnes nées au Canada ; au-dessus du baccalauréat, 48 % contre 61 % ; sous le baccalauréat, 20 % contre 34 %.
Dans l’ensemble, les anciens étudiants étaient également moins susceptibles d’être sans emploi : les taux de non-emploi de 5 % à 8 % chez les anciens étudiants étaient environ de un tiers à la moitié de ceux des immigrants sans expérience d’études au Canada.
Du point de vue d’un consultant en immigration, ces preuves suggèrent que :
- L’obtention du titre de compétence le plus élevé dans le pays d’accueil, particulièrement en STIM au niveau du baccalauréat ou supérieur, améliore considérablement les chances d’occuper une profession réellement connexe et qualifiée pouvant soutenir une demande de résidence permanente.
- Les programmes de santé peuvent mener à une forte adéquation, mais les anciens étudiants font toujours face à plus d’obstacles que les diplômés nés au Canada au niveau du baccalauréat et au-delà.
- Les programmes de commerce et d’administration, surtout au niveau inférieur au baccalauréat dans les collèges, constituent le choix le plus risqué en matière d’adéquation : faible correspondance avec le domaine (19 % à 38 %) et taux élevé d’emplois peu qualifiés (jusqu’à 31 %), ce qui ne permet souvent pas d’être admissible à l’immigration économique.
En pratique, de nombreux candidats qui combinent un diplôme national en STIM ou en santé, au moins au niveau du baccalauréat, avec une expérience de travail postdiplôme dans un emploi de catégorie FÉER 0 à 3 correspondant, se trouvent dans une position plus solide pour les voies des travailleurs qualifiés et les désignations provinciales. À l’inverse, les diplômés de programmes de commerce de niveau diplôme collégial ont souvent besoin de temps supplémentaire ou d’un changement de rôle pour accumuler l’expérience admissible nécessaire.
Utiliser ces conclusions pour planifier les études, le travail et la stratégie de RP
Pour les étudiants actuels ou futurs planifiant à la fois leurs études et leur immigration, les données suggèrent plusieurs stratégies pratiques :
- Prioriser les domaines présentant une meilleure adéquation.
- Les STIM, particulièrement le génie et les programmes liés à l’informatique.
- Les programmes de santé menant à des professions réglementées claires.
- Viser au minimum le niveau du baccalauréat, et si possible un niveau supérieur, surtout en STIM et en commerce.
- Dans la mesure du possible, obtenir le diplôme le plus élevé dans le pays d’accueil, et non seulement un court programme complémentaire.
- Cibler des rôles classés clairement dans les catégories FÉER 0 à 3 après l’obtention du diplôme, et éviter de rester à long terme dans des rôles FÉER 4 à 5, qui demeurent fréquents pour les parcours en commerce et de niveau inférieur au baccalauréat.
Ces défis d’adéquation sont vécus directement par de nombreux anciens étudiants qui espéraient une transition fluide du permis d’études et du permis de travail postdiplôme vers la résidence permanente, mais qui se retrouvent aujourd’hui dans des emplois non liés ou peu qualifiés malgré des frais de scolarité et des efforts importants. La difficulté de choisir le bon programme, l’incertitude entourant les codes CNP et les niveaux FÉER, ainsi que la pression d’obtenir n’importe quel emploi pour maintenir un statut plutôt qu’un rôle stratégique, augmentent le stress. Notre équipe de consultants en immigration peut vous aider à interpréter ces données du marché du travail pour votre domaine spécifique, à faire correspondre vos choix d’études et de travail aux bons programmes d’immigration économique, et à vous accompagner dans la préparation, le conseil et la représentation de vos demandes auprès des autorités de l’immigration.
Citation
"Les diplômés internationaux en STIM au Canada affichent une meilleure adéquation emploi-études." RED Immigration Consulting. Published juillet 31, 2026. https://redim.ca/fr/diplomes-internationaux-stim-canada-adequation-emploi/
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