La dernière annonce concernant le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) indique une orientation politique claire : moins de postes pour les TET dans l’ensemble, une application beaucoup plus stricte des règles et davantage d’outils de protection pour les travailleurs. Pour les travailleurs étrangers temporaires, les employeurs qui embauchent sur la base d’une EIMT et ceux qui planifient un parcours vers la résidence permanente, ce changement affecte directement la manière dont les emplois sont obtenus, conservés et utilisés pour soutenir les demandes d’immigration.
Note du consultant : Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) permet aux employeurs canadiens de combler des pénuries de main-d’œuvre temporaires lorsqu’aucun citoyen canadien ou résident permanent n’est disponible. L’embauche se fait souvent via une Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), un document qui confirme ce besoin de main-d’œuvre et la nécessité d’embaucher un travailleur étranger.
Le PTET comme un véritable dernier recours : ce qui change en pratique
Le gouvernement fédéral souligne une fois de plus que le PTET est un dernier recours, et non une solution de dotation normale. Les employeurs doivent d’abord chercher des citoyens canadiens et des résidents permanents, et seulement ensuite se tourner vers les travailleurs étrangers temporaires.
Éléments clés mis en évidence :
- Les travailleurs dans le cadre du PTET représentent environ 1 % de la main-d’œuvre canadienne.
- Ils sont concentrés dans des secteurs clés tels que l’agriculture, la transformation des aliments, la construction et les soins de santé.
- Tous les employeurs doivent démontrer de réelles tentatives de recrutement au Canada avant de pouvoir recourir au PTET.
- Les employeurs doivent également continuer à recruter au niveau national pendant le traitement de leur demande d’EIMT.
Depuis septembre 2024, dans un contexte de resserrement du marché du travail, Ottawa a introduit des mesures qui ont conduit à :
- Une réduction globale de 50 % des demandes au PTET.
- Une réduction de 70 % dans le volet des bas salaires.
Pour la planification de l’immigration, cela signifie :
- Moins d’offres d’emploi basées sur une EIMT seront disponibles, en particulier pour les postes à bas salaire que de nombreux nouveaux arrivants utilisaient traditionnellement comme porte d’entrée.
- Les employeurs qui dépendent encore du PTET feront face à un examen plus approfondi et à des cycles de planification plus longs, de sorte que l’embauche de dernière minute pour soutenir un permis de travail ou une stratégie de résidence permanente sera plus difficile.
- À terme, le Programme se concentrera probablement sur des secteurs et des régions stratégiques clairement définis, plutôt que sur une utilisation large et routinière.
Du point de vue d’un consultant en immigration, cela confirme une tendance à ne plus utiliser le PTET comme une stratégie générale de main-d’œuvre. Les travailleurs qui espèrent acquérir une expérience de travail canadienne en vue de la résidence permanente doivent se demander si leur employeur répond véritablement à la norme du dernier recours et s’il est préparé à un recrutement et à une documentation continus.
Conformité, inspections et sanctions record : risques pour les employeurs et les travailleurs
Le gouvernement souligne également que les employeurs qui recourent au PTET doivent offrir des conditions de travail sûres, saines et dignes. Ceci est soutenu par un régime de conformité des employeurs rigoureux.
Faits saillants sur la conformité pour l’exercice 2024-2025 :
- 1 435 inspections de conformité des employeurs ont été menées.
- Environ 10 % des employeurs inspectés ont été jugés non conformes.
- Les sanctions administratives pécuniaires ont plus que doublé, passant de 2 067 750 dollars à 4 882 500 dollars.
- 36 employeurs ont été interdits de recourir au PTET, soit une augmentation de trois fois par rapport à l’année précédente.
Selon les règles actuelles, les employeurs non conformes peuvent faire face à :
- Des sanctions administratives pécuniaires pouvant atteindre 1 million de dollars par an.
- Des interdictions temporaires ou permanentes de recourir au PTET.
- Une publication sur une liste publique des employeurs non conformes gérée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
Des exemples récents entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025 incluent :
- Un employeur agricole condamné à une amende de 212 000 dollars et interdit pour 2 ans pour de mauvaises conditions de travail et pour ne pas avoir fourni de documents aux inspecteurs.
- Un employeur du secteur de la construction de bâtiments résidentiels condamné à une amende de 161 000 dollars et interdit pour 5 ans pour ne pas avoir fourni des salaires et des conditions de travail appropriés et pour ne pas avoir respecté les lois du travail fédérales et provinciales.
- Un employeur du secteur du transport long-courrier condamné à une amende de 150 000 dollars pour ne pas exploiter une entreprise de manière authentique et pour ne pas avoir fourni la documentation requise.
- En septembre, un employeur du secteur du poisson et des fruits de mer a été condamné à une amende de 1 million de dollars et interdit pour 10 ans pour ne pas avoir fourni des salaires et des conditions appropriés, avoir enfreint les lois du travail et ne pas avoir fourni un lieu de travail exempt d’abus. Il s’agit de la plus grande sanction imposée à ce jour.
À des fins d’immigration, cela a plusieurs conséquences importantes :
- Si un employeur est interdit ou répertorié comme non conforme, les travailleurs pourraient ne pas être en mesure de renouveler les permis de travail liés à cet employeur.
- Les informations sur les abus, la fraude ou la non-conformité grave peuvent être partagées entre EDSC, IRCC, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et la GRC, ce qui pourrait affecter à la fois les plans de parrainage de l’employeur et les dossiers individuels en cas de conclusions de fausses déclarations.
- Les offres d’emploi d’employeurs à haut risque ou régulièrement non conformes sont susceptibles de faire l’objet d’évaluations d’EIMT et de vérifications de crédibilité plus strictes.
En pratique, les employeurs conformes qui investissent dans des salaires, un logement (le cas échéant) et une documentation appropriés pourront continuer à utiliser le Programme, mais ceux qui prennent des raccourcis pourraient rapidement en perdre l’accès. Pour les travailleurs, le choix de l’employeur devient autant une décision d’immigration qu’une décision d’emploi.
Protections et prochaines étapes pour les travailleurs étrangers temporaires
Parallèlement à une application plus stricte, l’accent est clairement mis sur la protection des travailleurs. Service Canada offre plusieurs outils aux travailleurs étrangers temporaires qui sont confrontés à des conditions dangereuses ou abusives.
Les options de soutien et de signalement incluent :
- Une ligne de dénonciation confidentielle, disponible 24/7 pour laisser un message vocal.
- Des agents en direct dans plus de 200 langues, du lundi au vendredi de 6 h 30 à 20 h 00 (HE) au 1-866-602-9448.
- Un formulaire de signalement d’abus en ligne, où les préoccupations peuvent être signalées de manière anonyme.
Garanties importantes pour les travailleurs :
- Vous n’avez pas besoin de donner votre nom pour faire un signalement.
- Votre employeur ne saura pas qui a fait le signalement.
- Les informations sont protégées par les lois canadiennes sur la protection de la vie privée.
Du point de vue de la planification de l’immigration, les travailleurs devraient :
- Conserver des copies des contrats de travail, des informations sur l’EIMT, des bulletins de paie et de toute communication écrite concernant les conditions de travail.
- Comparer les salaires, les heures, les tâches, le logement (s’il est fourni) et les conditions de sécurité réels avec ce qui était promis dans le contrat.
- Chercher de l’aide rapidement si les conditions sont dangereuses ou très différentes de ce qui était autorisé, au lieu d’attendre que le permis de travail soit sur le point d’expirer.
- Comprendre que signaler un abus ne constitue pas automatiquement un risque pour le statut d’immigration ; l’orientation politique est de cibler les mauvais employeurs, pas de punir les travailleurs qui s’expriment.
Considérés ensemble, la dépendance réduite à l’égard du PTET, les sanctions plus élevées et les protections renforcées des travailleurs indiquent un système davantage axé sur l’intégrité. Le Programme est toujours ouvert, en particulier dans des secteurs comme l’agriculture, la transformation des aliments, la construction et les soins de santé, mais les employeurs comme les travailleurs sont censés le traiter comme un outil structuré et réglementé, et non comme un raccourci. Dans de nombreux cas, la stratégie à long terme la plus stable pour les travailleurs consiste à établir une voie claire vers la résidence permanente plutôt que de dépendre de renouvellements répétés basés sur une EIMT.
Pour de nombreux travailleurs étrangers temporaires et employeurs, ces changements signifient des demandes plus complexes, des normes de documentation plus élevées et des décisions difficiles si les conditions de travail ne sont pas celles promises. Gérer une éventuelle non-conformité de l’employeur, protéger son statut après des problèmes au travail, ou passer d’un poste de TET vulnérable à un parcours de résidence permanente plus sûr peut être stressant et urgent. Notre équipe de consultants en immigration peut vous aider en examinant les offres d’emploi et les conditions de l’EIMT, en évaluant l’impact des problèmes de conformité, et en préparant, conseillant et représentant les demandes d’immigration en tant que consultant en immigration.
Citation
"Ottawa réduit de 50 % l’utilisation du PTET et triple les interdictions d’employeurs." RED Immigration Consulting. Published octobre 6, 2025. https://redim.ca/fr/ottawa-reduit-utilisation-ptet-50-pourcent-triple-interdictions-employeurs/
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