L’entrepreneuriat immigrant est désormais au cœur de l’économie canadienne. Les immigrants représentent déjà 23,0 % de la population et devraient atteindre près de 32 % d’ici 2041, et ils ont tendance à posséder des entreprises à un taux plus élevé que les personnes nées au Canada. Une nouvelle analyse utilisant la Base de données canadienne sur la dynamique employeurs-employés de 2001 à 2020 met en lumière la performance des entreprises appartenant à des immigrants en matière de productivité et de contributions fiscales, ainsi que ce que cela signifie pour l’immigration et la stratégie d’entreprise.
Ce que les données disent sur la productivité des entreprises appartenant à des immigrants
Les études distinguent deux types d’entreprises appartenant à des immigrants :
- Les entreprises à majorité immigrante
- Les entreprises à minorité immigrante (détenues conjointement avec des propriétaires non-immigrants)
Après ajustement pour tenir compte des caractéristiques de l’entreprise telles que la taille, le capital, le secteur d’activité et la province, les entreprises à majorité immigrante avaient une productivité du travail en moyenne 9,4 % plus faible que des entreprises similaires appartenant à des personnes nées au Canada. En revanche, les entreprises à minorité immigrante étaient en fait 2,4 % plus productives que les entreprises détenues entièrement par des propriétaires nés au Canada.
La taille de l’entreprise est très importante :
- Parmi les très petites entreprises de moins de 5 employés, les entreprises à majorité immigrante présentaient un écart de productivité de 8,8 % par rapport aux entreprises appartenant à des personnes nées au Canada.
- Parmi les grandes entreprises de 100 employés ou plus, cet écart se creusait pour atteindre 20,9 %.
- Pour les entreprises à minorité immigrante, la productivité était légèrement supérieure à celle des entreprises appartenant à des personnes nées au Canada parmi les entreprises de moins de 100 employés, mais pour les entreprises de 100 employés ou plus, elles étaient 10,3 % moins productives.
Ce schéma suggère qu’à mesure que les entreprises grandissent, les contraintes structurelles auxquelles sont confrontés les propriétaires immigrants, telles que le financement et l’accès au marché, peuvent devenir plus visibles.
Les caractéristiques du propriétaire immigrant comptent également :
- Les entreprises appartenant à des immigrants admis dans la catégorie des gens d’affaires (requérants principaux) étaient 3,4 % plus productives que les entreprises appartenant à des requérants principaux de la catégorie économique. La catégorie des gens d’affaires est un volet d’immigration canadien conçu pour les personnes possédant une expérience en gestion d’entreprise ou en entrepreneuriat qui souhaitent créer ou investir dans une entreprise au Canada. Elle vise à attirer des entrepreneurs et des investisseurs expérimentés pour stimuler l’innovation et la création d’emplois. Cela indique un avantage significatif lié à une expérience professionnelle antérieure.
- L’éducation a un effet important. Par rapport aux propriétaires ayant un diplôme d’études secondaires ou moins :
- Les propriétaires titulaires d’un doctorat étaient associés à des entreprises 16,4 % plus productives.
- Les propriétaires titulaires d’une maîtrise se classaient au deuxième rang en termes de productivité, suivis par ceux titulaires d’un baccalauréat.
Les compétences linguistiques sont également corrélées à la performance. Les entreprises dont les propriétaires immigrants parlaient uniquement l’anglais ou l’anglais et le français étaient plus productives que celles dirigées par des propriétaires qui ne parlaient que le français ou aucune des deux langues officielles. Les entreprises avec des propriétaires ne parlant que le français avaient la plus faible productivité, ce qui peut refléter un accès au marché plus restreint et des barrières linguistiques.
L’origine régionale des propriétaires révèle d’autres différences. Les entreprises appartenant à des immigrants dirigées par des propriétaires originaires de certaines économies avancées et matures avaient tendance à être les plus productives en moyenne, tandis que les entreprises dirigées par des propriétaires de certaines régions asiatiques étaient, en moyenne, les moins productives parmi les petites et moyennes entreprises. Cependant, parmi les grandes entreprises de 100 employés ou plus, la plupart de ces écarts de productivité régionaux disparaissent. Dans les grandes entreprises, l’éducation reste le principal différenciateur : celles dont les propriétaires immigrants détiennent un baccalauréat ou une maîtrise sont les plus productives, tandis que les entreprises appartenant à des immigrants de niveau doctoral ne sont plus en tête.
Du point de vue d’un consultant, cela dresse un tableau clair : pour les petites et moyennes entreprises de moins de 100 employés, l’éducation du propriétaire, son expérience dans la catégorie des gens d’affaires et une solide maîtrise de l’anglais et/ou du français peuvent améliorer considérablement la performance de l’entreprise. À mesure que les entreprises grandissent, les systèmes institutionnels et la gestion professionnelle réduisent l’impact des caractéristiques individuelles du propriétaire, mais l’éducation reste importante.
Pour les futurs entrepreneurs immigrants, il est utile de réfléchir à ce que les programmes d’immigration et les prêteurs recherchent :
- Une solide formation académique (idéalement de niveau baccalauréat ou supérieur)
- Une expérience professionnelle ou de haute direction antérieure documentée
- Une maîtrise démontrée d’au moins une langue officielle, et idéalement des deux
- Un plan d’affaires réaliste dans des secteurs où la productivité peut évoluer, et pas seulement dans des industries à faible marge
Ces éléments correspondent souvent aux exigences ou aux critères de sélection des volets d’immigration économique et d’affaires.
Les entreprises appartenant à des immigrants et leurs contributions fiscales
Sur le plan fiscal, les entreprises appartenant à des immigrants se distinguent de manière positive. Après contrôle des caractéristiques de l’entreprise, les entreprises à majorité immigrante ont payé, en moyenne, 16 % de plus en impôts nets par employé que les entreprises comparables appartenant à des personnes nées au Canada. Les entreprises à minorité immigrante ont payé encore plus, avec des impôts nets par employé 23 % plus élevés.
Cette différence d’impôts nets provient de deux aspects :
- Les entreprises à majorité immigrante ont payé 10 % de plus en impôts totaux avant remboursements et ont reçu 37 % de moins en remboursements ou crédits d’impôt par employé.
- Les entreprises à minorité immigrante ont payé 16 % de plus en impôts totaux et ont reçu 11 % de moins en remboursements par employé.
Au sein des entreprises appartenant à des immigrants :
- Les entreprises à minorité immigrante ont payé 16 % de plus en impôts nets par employé que les entreprises à majorité immigrante, même après avoir tenu compte des caractéristiques de l’entreprise et du propriétaire.
Des contributions fiscales nettes plus élevées sont associées à :
- Une expérience professionnelle antérieure (reflétée par l’admission via la catégorie des gens d’affaires)
- Des niveaux d’éducation plus élevés
- La maîtrise des deux langues officielles
Pris ensemble, ces résultats indiquent que les entreprises appartenant à des immigrants, en particulier celles impliquant une copropriété avec des partenaires nés au Canada, apportent une contribution fiscale disproportionnellement forte par rapport à leur taille. En pratique, les structures de propriété mixtes peuvent donner aux entrepreneurs immigrants un meilleur accès aux réseaux, aux connaissances locales et au soutien consultatif, ce qui peut se traduire à la fois par une productivité plus élevée dans les petites entreprises et par un revenu imposable globalement plus élevé.
D’un point de vue politique et de planification, il est raisonnable d’interpréter ces conclusions comme un soutien pour :
- Des volets d’immigration pour gens d’affaires et pour entreprises en démarrage soigneusement conçus qui récompensent l’éducation, l’expérience et les compétences linguistiques. Ces programmes, comme le Programme de visa pour démarrage d’entreprise, visent à attirer des entrepreneurs novateurs ayant le potentiel de créer des emplois pour les Canadiens et de concurrencer sur une échelle mondiale.
- Des programmes qui encouragent les partenariats entre les propriétaires immigrants et nés au Canada
- Des outils de conseil et de financement qui aident les entreprises à majorité immigrante à se développer durablement au-delà du stade de la petite entreprise
Pour les immigrants actuels et futurs, cette recherche confirme qu’il existe une réelle opportunité dans l’entrepreneuriat, mais aussi que le succès est influencé par des facteurs que les agents d’immigration évaluent de près : l’éducation, l’expérience et la langue.
Pourtant, naviguer dans ces parcours peut être difficile. Les candidats doivent choisir entre les volets économiques et d’affaires, comprendre comment démontrer une véritable expérience professionnelle et montrer que leur plan d’affaires est viable dans le contexte canadien, tout en faisant face à des règles différentes pour les programmes provinciaux et fédéraux. Ces obstacles peuvent affecter à la fois la sélection des candidats et la performance de l’entreprise après l’arrivée. Travailler avec un consultant en immigration réglementé peut aider en préparant, conseillant et représentant les demandes d’immigration afin que les plans d’affaires, les forces du capital humain et les structures d’entreprise soient présentés de manière claire et stratégique, soutenant à la fois les chances d’approbation et le succès commercial à long terme au Canada.
Citation
"Étude : Les entreprises d’immigrants paient plus d’impôts par employé malgré des écarts de productivité." RED Immigration Consulting. Published février 26, 2025. https://redim.ca/fr/etude-les-entreprises-d-immigrants-paient-plus-d-impots-par-employe-malgre-des-ecarts-de-productivite/
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