Dans une démarche évolutive visant à accroître l’intégrité et l’efficacité à long terme des programmes canadiens de travailleurs étrangers temporaires, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) s’apprête à modifier le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés afin d’introduire des exigences officielles de tests de langue pour certains candidats dans le cadre du Programme de mobilité internationale (PMI). Ce règlement, dont la prépublication pour consultation publique est prévue pour l’été 2025, vise à garantir que les travailleurs entrant au Canada par le biais de certains volets du PMI possèdent une compétence linguistique officielle validée, ce qui améliorera leur potentiel d’intégration à long terme sur le marché du travail et leur transition vers la résidence permanente. Le Programme de mobilité internationale (PMI) permet aux ressortissants étrangers de travailler au Canada sans étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), en vertu d’exemptions qui soutiennent les intérêts économiques, culturels et sociaux du Canada. Cela comprend les mutations intra-entreprises, les participants aux échanges de jeunes (EIJ), les volets de mobilité francophone et les accords d’emploi réciproques. Il cible les travailleurs étrangers temporaires qui souhaitent travailler au Canada pour une période déterminée, souvent dans le cadre d’un emploi spécifique ou d’un programme d’échange.
Ce changement reflète une tendance plus large au sein de la politique d’immigration canadienne : garantir que ceux qui se voient accorder des droits de travail temporaires possèdent également les compétences fondamentales pour réussir, contribuer économiquement et s’intégrer socialement.
Une nouvelle orientation réglementaire pour le PMI
En vertu de la modification proposée, l’IRCC obtiendrait le pouvoir d’exiger les résultats de tests de compétence linguistique spécifiques auprès d’organismes tiers désignés pour certains demandeurs de permis de travail du PMI. À l’heure actuelle, le PMI n’impose pas de tests de langue standardisés, sauf si la personne présente une demande par le biais d’un volet d’immigration qui comprend intrinsèquement une évaluation linguistique (comme les voies menant à la résidence permanente).
Les changements prévus permettraient :
- L’introduction de tests de langue obligatoires pour certains volets du Programme de mobilité internationale
- L’utilisation des résultats de tests d’organismes tiers désignés, tels qu’IELTS ou CELPIP (anglais) et TEF ou TCF (français)
- L’harmonisation de l’évaluation linguistique avec les objectifs plus vastes de l’IRCC visant à améliorer les résultats économiques et l’intégration au marché du travail
- De fournir aux employeurs une mesure plus fiable de la capacité de communication et du potentiel de rétention futur
Ces mises à jour sont conçues pour améliorer la transparence et l’efficacité, en garantissant que seuls les travailleurs susceptibles de réussir dans leurs rôles et leurs communautés se voient accorder des permis dans le cadre des volets du PMI admissibles.
La prépublication des modifications réglementaires est prévue au printemps ou à l’été 2025 dans la Gazette du Canada, partie I, ce qui déclenchera une période de consultation publique de 30 jours. Cela permettra aux intervenants, y compris les entreprises, les provinces et les groupes de défense des droits des travailleurs, de fournir des commentaires sur le cadre final.
Pratiques actuelles dans le cadre du Programme de mobilité internationale
Le Programme de mobilité internationale (PMI) permet aux ressortissants étrangers de travailler au Canada sans étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), en vertu d’exemptions qui soutiennent les intérêts économiques, culturels et sociaux du Canada. Cela comprend les mutations intra-entreprises, les participants aux échanges de jeunes (EIJ), les volets de mobilité francophone et les accords d’emploi réciproques.
À l’heure actuelle, la plupart des candidats du PMI ne sont pas tenus de présenter les résultats de tests de langue standardisés. La capacité linguistique est souvent présumée en fonction de l’offre d’emploi, des antécédents scolaires ou de la nationalité, mais cette approche a laissé des lacunes dans la cohérence des résultats. Dans certains cas, les travailleurs arrivent au Canada avec une connaissance limitée de l’anglais ou du français, ce qui nuit à leur rendement, à leur communication avec les employeurs et à leur capacité d’adaptation à la société canadienne.
La compétence linguistique dans le cadre des programmes économiques existants, comme Entrée express, est mesurée au moyen de systèmes de notation stricts (NCLC 5 à 9 selon le volet). Pour les travailleurs temporaires dans le cadre du PMI, il n’existe aucune exigence unifiée, ce que ce règlement vise à corriger de manière sélective.
En instaurant une preuve linguistique standardisée, l’IRCC cherche à garantir que les travailleurs temporaires des principales catégories économiques sont outillés pour réussir leur emploi et accéder à des voies de résidence future.
Ce que cela signifie pour les employeurs et le marché du travail
Le règlement proposé concernant les tests de langue pourrait avoir des effets mitigés sur les employeurs canadiens. D’une part, il pourrait limiter la taille immédiate du bassin de talents admissibles, en particulier pour les employeurs qui dépendent d’un accès sans obstacle aux travailleurs étrangers dans le cadre des exemptions du PMI. D’autre part, le règlement améliorerait la confiance des employeurs dans la préparation des candidats, réduisant ainsi les problèmes de rendement liés à la langue et les problèmes de communication sur le lieu de travail.
Les avantages qui pourraient découler de ce changement comprennent :
- Une meilleure intégration de la main-d’œuvre pour les ressortissants étrangers
- Des taux de rétention des employés plus élevés, en particulier pour ceux qui passent à la résidence permanente
- Un rendement au travail et une sécurité plus constants dans les secteurs qui exigent une communication directe
- Une satisfaction accrue des employeurs, sachant que les travailleurs répondent à un seuil linguistique minimal
Cependant, les secteurs qui utilisent fréquemment le PMI pour les embauches urgentes ou saisonnières, comme l’hôtellerie, les soins et les services de niveau d’entrée, pourraient subir des perturbations initiales si les candidats ont du mal à satisfaire aux nouvelles exigences linguistiques. Le gouvernement devra probablement trouver un équilibre entre l’application et la flexibilité pour les périodes de transition.
Pour l’IRCC, cet amendement soutient une vision à long terme : garantir que même les travailleurs temporaires arrivent avec les compétences fondamentales pour rester, s’installer et contribuer. Les tests standardisés aident également à éliminer les approximations et réduisent les risques d’incompréhensions ou de fausses déclarations dans le processus de demande.
D’un point de vue politique, le changement soutient également indirectement les objectifs de résidence permanente du Canada, puisque la compétence linguistique est un facteur clé dans les programmes Entrée express et des candidats des provinces. Les travailleurs ayant des résultats de tests linguistiques validés auront plus de facilité à se qualifier et à passer au statut de résident permanent.
Bien qu’il ne soit pas encore finalisé, ce règlement marque un changement dans la façon dont la mobilité de la main-d’œuvre temporaire est encadrée, non plus seulement comme un pis-aller, mais comme une rampe de lancement vers l’intégration économique et sociale.
Actuellement, de nombreux candidats et employeurs fonctionnent avec un minimum d’orientation quant aux attentes linguistiques, ce qui entraîne des résultats incohérents et des surprises après l’arrivée. L’introduction d’une exigence de tests standardisés, même si elle ne concerne que certains volets du PMI, constitue une étape pratique vers l’harmonisation des attentes entre les travailleurs, les employeurs et le gouvernement. Cela dit, les tests de langue coûtent de l’argent (environ 300 $ CA par tentative) et peuvent constituer un obstacle pour les candidats à faible revenu si des mécanismes de soutien financier ne sont pas envisagés.
Avec de nouvelles réglementations à l’horizon, il est essentiel de se préparer tôt. Notre cabinet de consultation soutient les employeurs et les candidats grâce à des évaluations de la préparation linguistique, des vérifications de la conformité réglementaire et une planification des demandes afin de réduire les retards et de maximiser les chances d’approbation dans un cadre PMI en évolution.
Citation
"Canada introduira une exigence de test linguistique pour certains permis de travail." RED Immigration Consulting. Published juillet 16, 2025. https://redim.ca/fr/canada-introduira-une-exigence-de-test-linguistique-pour-certains-permis-de-travail/
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