Le cahier de transition s’avère un outil précieux pour anticiper les décisions en cours de préparation pour le prochain cycle de planification. Lu en parallèle avec le compte rendu de la réunion de juin 2026 des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de l’immigration et la consultation achevée sur la réforme d’Entrée express, il laisse présager un système qui maintiendra probablement des volumes globaux plus restreints, tout en orientant les places limitées vers les désignations régionales, l’expérience de travail canadienne, les compétences linguistiques en français et les besoins prioritaires de main-d’œuvre. Il s’agit d’une évaluation professionnelle et non d’une annonce officielle du Plan des niveaux d’immigration 2027-2029.
La stabilité des totaux devient la base de référence de la planification
Le plan actuel maintient les admissions de résidents permanents à 380 000 en 2026, 2027 et 2028. Les cibles pour les nouvelles arrivées de résidents temporaires sont fixées à 385 000 en 2026 et à 370 000 pour 2027 et 2028. La cible temporaire de 2026 comprend 230 000 travailleurs et 155 000 étudiants, tandis que les années 2027 et 2028 prévoient notionnellement 220 000 travailleurs et 150 000 étudiants chacune. Ces chiffres ne comptabilisent pas directement les visiteurs, les prolongations de permis, les demandes de permis présentées au Canada, les permis de travail postdiplôme ou les demandeurs d’asile.
Les chiffres de 2027 et 2028 pourront être confirmés ou ajustés lors de la planification annuelle. Toutefois, le ministère continue de viser des admissions permanentes inférieures à 1 % de la population au-delà de 2027 et une population de résidents temporaires inférieure à 5 % d’ici la fin de 2027. Un retour généralisé aux niveaux de croissance antérieurs n’est donc pas la tendance principale.
L’immigration économique demeure protégée à l’intérieur de ce plafond réduit. Le total prévu pour l’immigration économique est de 239 800 en 2026 et de 244 700 pour 2027 et 2028. Les admissions au titre de la catégorie des travailleurs hautement qualifiés (fédéral) sont de 109 000 en 2026 et de 111 000 pour chacune des années suivantes. Les admissions au titre du Programme des candidats des provinces passent de 91 500 à 92 500, tandis que le Programme d’immigration au Canada atlantique demeure stable à 4 000 par an. Lors de leur réunion de juin, les provinces et les territoires ont réclamé des allocations stables, une meilleure réactivité régionale et des améliorations à Entrée express pour répondre aux besoins locaux en main-d’œuvre.
Du point de vue de la planification de l’immigration, le prochain plan est plus susceptible de modifier la répartition des places que d’augmenter substantiellement le total. Une province pourrait obtenir plus d’influence, ou une profession prioritaire pourrait recevoir plus d’invitations, sans pour autant créer davantage d’admissions dans l’ensemble du système. Cette conclusion constitue une interprétation éclairée des documents de planification et non une décision d’allocation confirmée.
La réforme d’Entrée express pourrait modifier le classement des candidats
La loi actuelle n’a pas changé. Les candidats doivent toujours se qualifier au titre de la Catégorie de l’expérience canadienne, du Programme des travailleurs qualifiés (fédéral) ou du Programme des travailleurs de métiers spécialisés (fédéral) avant de pouvoir intégrer le bassin d’Entrée express. La sélection axée sur les catégories complète ces programmes, et l’obtention d’une invitation dépend toujours de l’admissibilité, du score au Système de classement global (SCG) et des instructions relatives à la ronde d’invitations.
La consultation de 2026 proposait de remplacer les trois programmes par une catégorie unique. Les seuils minimaux proposés comprenaient un diplôme d’études secondaires canadien ou l’équivalent étranger, un NCLC 6 dans les quatre compétences linguistiques, ainsi qu’un an d’expérience de travail au Canada ou à l’étranger dans une catégorie FÉER 0, 1, 2 ou 3 au cours des 3 dernières années. IRCC a également envisagé d’attribuer des points au SCG pour l’expérience canadienne ou pour une offre d’emploi dans une profession à salaire élevé, rétablissant potentiellement certains points liés aux offres d’emploi supprimés en mars 2025. Il ne s’agit que de propositions. Tout changement doit être officiellement publié avant d’entrer en vigueur.
D’ici là, les demandeurs doivent continuer de satisfaire aux exigences actuelles :
- Être admissible à au moins un programme actuel d’Entrée express.
- Détenir des résultats linguistiques valides et une évaluation des diplômes d’études (ÉDE) lorsque requis.
- Documenter avec précision les dates de travail, les heures, les salaires, les fonctions et la classification de la CNP.
- Satisfaire aux exigences du volet de désignation provinciale concerné et à l’étape fédérale de la résidence permanente.
- Déposer une demande de résidence permanente complète dans les 60 jours suivant la réception d’une invitation.
Les frais fédéraux actuels s’élèvent à 1 590 $ pour le demandeur principal, incluant les frais relatifs au droit de résidence permanente. Le coût pour un époux ou conjoint de fait accompagnateur est également de 1 590 $, celui pour chaque enfant à charge est de 270 $, et les frais de biométrie peuvent s’élever à 85 $ par personne.
Les candidats doivent se préparer aux changements de sélection plutôt que d’attendre une réouverture
Les profils présentant une expérience de travail canadienne, un lien provincial ou régional, des compétences en français ou une expérience dans un secteur prioritaire resteront probablement stratégiquement importants. Cela ne signifie pas que chaque résident temporaire recevra la résidence permanente, ni qu’un emploi au Canada garantit la sélection. Les cibles d’admission ne sont pas des quotas de demandes, et les allocations provinciales ne garantissent pas une désignation.
Les candidats doivent maintenir à jour leurs résultats linguistiques, leurs évaluations d’études, leurs preuves d’emploi et leurs documents relatifs au statut. Ceux qui envisagent une voie provinciale devraient examiner les exigences locales en matière de profession, d’employeur et de résidence au lieu de se fier uniquement à leur score SCG fédéral. Les employeurs devraient tenir des registres fiables sur les salaires et les fonctions, car la proposition de sélection basée sur les hauts salaires rendrait les preuves d’emploi au Canada encore plus cruciales.
L’analyse professionnelle suggère que le prochain plan préservera probablement l’immigration économique tout en resserrant les critères de sélection. Il serait prématuré d’agir en fonction d’une proposition de catégorie unique de travailleurs qualifiés avant la publication des règlements, mais il serait tout aussi imprudent d’ignorer l’orientation vers les revenus canadiens, la rétention régionale et la croissance de la francophonie.
Face à des plafonds réduits, des cibles notionnelles et des réformes proposées d’Entrée express qui complexifient la planification, les candidats doivent s’appuyer sur les règles actuellement en vigueur tout en préparant les preuves qui demeureront utiles sous les futurs critères de sélection. Un soutien est disponible pour la préparation, le conseil et la représentation des demandes d’immigration par l’entremise d’un consultant en immigration.
Citation
"La réforme d’Entrée express pourrait privilégier l’expérience canadienne à salaire élevé." RED Immigration Consulting. Published août 1, 2026. https://redim.ca/fr/reforme-entree-express-experience-canadienne-haut-salaire/
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