Au Canada, les familles immigrantes établies affichaient une dette totale moyenne de 287 300 $ en 2023 (mesurée en dollars constants de 2023), dépassant de 114 200 $ les 173 100 $ dus par les familles comparables nées au Canada, selon une étude de Statistique Canada publiée le 28 octobre 2026 dans les Rapports économiques et sociaux (vol. 6, n° 10). Chez les familles plus jeunes dont le principal soutien économique est âgé de 25 à 44 ans, les immigrants récents admis au cours de la décennie précédente devaient en moyenne 215 700 $, en hausse par rapport aux 177 800 $ enregistrés en 2019 et au-dessus de la moyenne de 189 300 $ observée chez leurs pairs nés au Canada.
Derrière ces soldes globaux se dessine une nette distinction financière. Les ménages immigrants n’accumulent pas davantage de dettes de consommation par le biais de cartes de crédit, de prêts sur salaire ou de factures impayées. Au contraire, les prêts hypothécaires représentent jusqu’à 89,0 % de la dette des immigrants récents, laissant de nombreux nouveaux arrivants propriétaires riches en valeur domiciliaire mais ne détenant que peu ou pas d’épargne financière liquide en dehors de leur résidence.
Les prêts hypothécaires expliquent la quasi-totalité de l’écart d’endettement
En s’appuyant sur les cycles de 2016, 2019 et 2023 de l’Enquête sur la sécurité financière (ESF), Statistique Canada a comparé les immigrants récents (moins de 10 ans à titre de résidents permanents, principal soutien économique âgé de 25 à 44 ans), les immigrants établis (10 ans ou plus au Canada, âgés de 35 à 64 ans) et les aînés immigrants (âgés de 65 ans et plus) aux familles nées au Canada appartenant aux mêmes groupes d’âge.
Dans l’ensemble des groupes, les prêts hypothécaires liés à la résidence principale et à d’autres biens immobiliers représentaient l’écrasante majorité des emprunts :
- Familles immigrantes récentes (âgées de 25 à 44 ans) : Les prêts hypothécaires représentaient 89,0 % de la dette totale en 2023, ce qui reflète une entrée sur des marchés immobiliers urbains aux prix élevés vers la fin du cycle tarifaire 2016-2023.
- Familles immigrantes établies (âgées de 35 à 64 ans) : Les soldes hypothécaires s’élevaient en moyenne à 247 600 $, soit 86,2 % de la dette totale, comparativement à 142 000 $ (82,1 %) chez les familles de même groupe d’âge nées au Canada.
- Familles d’aînés immigrants (âgées de 65 ans et plus) : La dette totale s’élevait en moyenne à 51 300 $, contre 36 800 $ chez les aînés nés au Canada, les prêts hypothécaires représentant 73,1 % de la dette des aînés immigrants comparativement à 67,3 % chez les aînés nés au Canada.
Lorsque Statistique Canada a retiré les prêts hypothécaires et la valeur des biens immobiliers des bilans familiaux, l’écart d’endettement entre les familles immigrantes et celles nées au Canada a disparu. Le ratio de la dette non immobilière au revenu (ratio dette-revenu) s’établissait à 0,26 pour les immigrants récents de 25 à 44 ans (contre 0,32 pour leurs pairs nés au Canada) et à 0,38 pour les immigrants établis de 35 à 64 ans (contre 0,31 pour leurs pairs nés au Canada), aucune de ces différences n’étant statistiquement significative. Les ratios de la dette non immobilière à l’actif s’établissaient entre 0,07 et 0,08 dans les deux groupes.
| Indicateur du bilan financier 2023 | Immigrants récents (25-44 ans) | Nés au Canada (25-44 ans) | Immigrants établis (35-64 ans) | Nés au Canada (35-64 ans) |
| Dette familiale totale moyenne | 215 700 $ | 189 300 $ | 287 300 $ | 173 100 $ |
| Part hypothécaire de la dette totale | 89,0 % | 85,4 % | 86,2 % (247 600 $) | 82,1 % (142 000 $) |
| Ratio global dette-revenu (DTI) | 2,31 | 2,00 | 2,71 | 1,73 |
| Ratio DTI hors immobilier (sans hypothèque) | 0,26 | 0,32 | 0,38 | 0,31 |
| Ratio global dette-actif (DTA) | 0,30 | 0,26 | 0,19 | 0,13 |
| Solde de carte de crédit payé au complet chaque mois | 58,6 % | 55,0 % | 62,2 % | 59,4 % |
| Recours à des prêts sur salaire au cours des trois dernières années | 2,4 % | 3,9 % | 1,7 % | 2,5 % |
| Aucun patrimoine financier hors immobilier (coussin de 0 $) | 16,1 % | 12,7 % | 16,2 % | 11,0 % |
Une plus grande discipline avec les cartes de crédit malgré un endettement immobilier accru
L’Enquête sur la sécurité financière a également suivi la gestion quotidienne du crédit, contredisant l’hypothèse selon laquelle une dette totale plus élevée témoignerait de moins bonnes habitudes de remboursement. Dans toutes les cohortes d’âge, les familles immigrantes étaient plus susceptibles que leurs homologues nées au Canada de régler l’intégralité du solde de leur carte de crédit chaque mois : 58,6 % contre 55,0 % chez les 25 à 44 ans, 62,2 % contre 59,4 % chez les 35 à 64 ans, et 81,0 % contre 79,4 % chez les aînés de 65 ans et plus.
Les familles immigrantes récentes âgées de 25 à 44 ans ont enregistré un taux de refus de carte de crédit de 0,0 % en 2019 comme en 2023 (comparativement à 1,7 % chez les familles nées au Canada) et ont moins eu recours aux prêts sur salaire coûteux (2,4 % contre 3,9 %). Les indicateurs de détresse financière aiguë liée aux factures, comme l’omission d’un paiement de services publics ou le non-paiement d’un loyer ou d’un versement hypothécaire, sont demeurés statistiquement comparables à ceux des ménages nés au Canada.
Où se concentre la vulnérabilité : grandes villes, marchés régionaux et diplômés universitaires
La véritable exposition financière réside dans le levier hypothécaire par rapport au revenu. Parmi les familles immigrantes établies âgées de 35 à 64 ans, le ratio global dette-revenu a progressé de manière continue, passant de 2,42 en 2016 à 2,50 en 2019, puis à 2,71 en 2023, soit environ un point complet au-dessus du ratio de 1,73 enregistré pour leurs pairs nés au Canada.
Deux tendances géographiques et éducatives ressortent des données de 2023 :
- Montréal, Toronto et Vancouver (MTV) par rapport aux centres plus modestes : Les immigrants établis âgés de 35 à 64 ans vivant dans les trois plus grandes régions métropolitaines du Canada présentaient un ratio moyen dette-revenu de 3,13, contre 2,01 pour les résidents nés au Canada habitant ces mêmes métropoles. Parallèlement, les immigrants récents de 25 à 44 ans installés hors de Montréal, Toronto et Vancouver ont vu leur ratio passer de 1,86 en 2016 à 2,44 en 2023, les nouveaux arrivants s’orientant vers des logements plus abordables dans des villes moyennes de l’Ontario, des Prairies et des provinces de l’Atlantique.
- Soutiens de famille immigrants diplômés d’université : Les familles immigrantes établies dirigées par une personne titulaire d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur ont enregistré un ratio moyen dette-revenu de 3,05 en 2023, contre 1,87 pour leurs pairs diplômés universitaires nés au Canada. Des perspectives de revenus à long terme plus solides ont permis à ces familles d’obtenir des prêts hypothécaires urbains plus élevés, ce qui accentue leur vulnérabilité lors des renouvellements de taux d’intérêt.
Le risque lié au manque de réserves liquides dans l’économie canadienne de l’automne 2026
Même avec des ratios dette-actif modérés de 0,30 pour les immigrants récents et de 0,19 pour les immigrants établis, une valeur nette immobilisée dans un bien difficilement liquide ne permet pas de payer l’épicerie ni de faire face à une perte d’emploi temporaire sans recourir à l’emprunt. Statistique Canada a constaté que 16,1 % des familles immigrantes récentes (un chiffre grimpant à 20,4 % à l’extérieur de Montréal, Toronto et Vancouver) et 16,2 % des familles immigrantes établies ne possédaient aucun patrimoine financier hors immobilier, hors pension et hors entreprise en 2023, comparativement à 12,7 % et 11,0 % de leurs homologues nées au Canada. Chez les familles de 35 à 64 ans diplômées d’université, 16,3 % des immigrants établis ne détenaient aucun actif financier liquide, soit presque le double de la proportion de 8,4 % observée chez les familles nées au Canada ayant une formation universitaire.
Cette mince réserve de liquidités prend un relief particulier à la lumière de l’analyse économique de l’automne 2026 publiée par Statistique Canada dans le même numéro du 28 octobre. Bien que le ratio global de la dette au revenu disponible des ménages canadiens ait fléchi à 176,4 % au deuxième trimestre de 2026, l’emploi national a reculé d’un total cumulé de 110 000 emplois en août et septembre 2026, faisant monter le taux de chômage à 6,5 %. Pendant ce temps, l’inflation liée au logement s’est scindée nettement selon le mode d’occupation : le coût des logements loués a augmenté de 3,8 % sur un an en août 2026, contre 0,6 % pour les logements occupés par leur propriétaire.
Conseils pratiques pour les nouveaux arrivants qui planifient leur établissement et l’accès à la propriété
Pour les résidents permanents, les titulaires de permis de travail et les candidats potentiels qui évaluent le coût de la vie au Canada, les conclusions du 28 octobre mettent en avant trois repères financiers pratiques :
- Distinguer la preuve de fonds d’établissement du capital d’achat immobilier : Consacrer la totalité de ses économies liquides à une mise de fonds expose les ménages de nouveaux arrivants si les transitions professionnelles prennent plus de temps que prévu. Conserver une réserve de liquidités accessible équivalente à trois à six mois de dépenses en dehors de la valeur domiciliaire diminue la dépendance aux marges de crédit lors d’un changement d’emploi ou du renouvellement du prêt hypothécaire.
- Comparer le levier immobilier régional avant de déménager : Les volets d’immigration provinciaux dans les régions où le coût de la vie est plus modéré peuvent atténuer la pression hypothécaire par rapport au revenu comparativement à Toronto ou Vancouver. Toutefois, les données de Statistique Canada hors MTV (où 20,4 % des familles immigrantes récentes ne détenaient aucune épargne financière liquide) confirment que les acheteurs dans les plus petites municipalités ont tout de même besoin d’une réserve de liquidités dédiée après les frais de clôture. Les candidats qui comparent les options régionales peuvent consulter les volets provinciaux alignés sur Entrée express pour l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba parallèlement à leur budget immobilier.
- Justifier clairement ses liquidités pour les demandes d’immigration en cours : Les candidats qui préparent un dossier sous Entrée express ou dans le cadre d’un programme des candidats des provinces où des fonds d’établissement sont exigés doivent s’assurer que les sommes requises restent libres de toute charge et vérifiables, plutôt qu’immobilisées dans des capitaux propres ou issues de facilités de crédit empruntées.
Les nouveaux arrivants qui souhaitent évaluer la manière dont le lieu d’emploi, l’autorisation de travail et les critères des fonds d’établissement influent sur leur calendrier de résidence permanente peuvent examiner les voies disponibles par le biais des services d’immigration de RED Immigration Consulting ou planifier une évaluation de dossier sur notre page de prise de rendez-vous pour consultation.





