L’Ontario a franchi une étape historique avec le lancement du premier Registre des expositions professionnelles (REP) au Canada. Ce portail numérique sécurisé a été conçu pour permettre aux travailleurs de préserver leur santé à long terme en documentant leur exposition à des substances dangereuses sur leur lieu de travail. Mis en service le 20 février 2026, ce registre propose un outil d’autosurveillance convivial permettant de soumettre des renseignements de manière anonyme en quelques minutes. Après chaque saisie, le travailleur reçoit un courriel de confirmation et peut télécharger son relevé, constituant ainsi un historique personnel portable tout au long de sa carrière, indépendamment de ses changements d’employeurs.
L’objectif de cette politique est limpide : les maladies professionnelles sont souvent sous-déclarées et complexes à diagnostiquer, car les symptômes peuvent n’apparaître que des décennies après l’exposition initiale. En offrant aux travailleurs un moyen concret de consigner ces incidents en temps réel, le registre vise à soutenir la prévention immédiate et à consolider les évaluations médicales futures en cas de dégradation de l’état de santé.
Fonctionnement pratique du Registre des expositions professionnelles
Le REP est conçu pour une utilisation régulière et simplifiée, et non uniquement après un incident majeur. Depuis le 20 février 2026, les travailleurs peuvent déclarer leur exposition à l’une des 11 substances dangereuses désignées, incluant notamment l’amiante, le plomb, le mercure et la silice. Chaque entrée se concentre sur les éléments essentiels : les circonstances de l’exposition et les mesures de protection alors en vigueur, telles que la ventilation, la formation reçue ou l’utilisation d’équipements de protection individuelle (ÉPI).
Les avantages du portail pour les travailleurs :
- Soumissions anonymes et sécurisées en quelques minutes seulement.
- Réception d’un courriel de confirmation après chaque déclaration.
- Possibilité de télécharger un relevé pour les dossiers personnels.
- Suivi constant des expositions à travers divers employeurs et chantiers.
D’un point de vue de consultant, la valeur ajoutée réside dans la portabilité des données. Les travailleurs de la construction, des mines, des services d’urgence et des métiers spécialisés changent fréquemment de site. Un dossier d’exposition géré par le travailleur réduit la dépendance à la mémoire et garantit l’organisation des détails factuels au moment où ils deviennent cruciaux.
Importance du registre pour les maladies professionnelles, l’accès à la CSPAT et la santé durable
Ce lancement s’inscrit dans une stratégie plus vaste visant à renforcer la santé et la sécurité au travail (SST) et à améliorer le suivi des maladies professionnelles. Plusieurs données statistiques justifient l’urgence de cette initiative provinciale.
Indicateurs clés du risque :
- Entre 2010 et 2019, les maladies professionnelles ont représenté environ 76 % des décès liés au travail en Ontario.
- La CSPAT a fait état de 20 886 demandes acceptées pour maladies professionnelles en 2025.
- En 2025, l’Ontario comptait près de 580 000 travailleurs dans le secteur de la construction.
Les experts en santé publique soulignent également l’impact national : environ 10 000 cas de cancer par an au Canada sont attribuables à l’exposition à des substances carcinogènes en milieu de travail, dont une grande partie pourrait être évitée par une réduction proactive des expositions.
En somme, le registre remplit une double fonction. Premièrement, il accroît la sensibilisation pour permettre aux travailleurs d’identifier les dangers et d’exiger des contrôles plus rigoureux. Deuxièmement, il génère un historique d’exposition probant qui pourra appuyer les diagnostics médicaux futurs et, le cas échéant, renforcer les dossiers de réclamation auprès de la CSPAT (Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail).
Recommandations aux travailleurs et utilisation optimale
Bien que l’adhésion au registre soit facultative, son efficacité repose sur une utilisation systématique, particulièrement après des tâches à risque. Les entrées les plus utiles ne sont pas nécessairement les plus longues, mais celles qui sont constantes et suffisamment précises pour être interprétables des années plus tard.
Avant de soumettre une entrée, il est recommandé de noter :
- La date approximative ou la période d’exposition.
- La substance concernée parmi les 11 substances dangereuses désignées.
- Le mode de survenance de l’exposition.
- Les mesures de protection en place (ventilation, formation, ÉPI).
Le REP s’accompagne d’autres mesures législatives sous l’égide des sept volets de la Loi visant à agir en faveur des travailleurs. Citons notamment l’exigence d’ÉPI adaptés aux femmes et aux diverses morphologies, l’obligation de disposer de défibrillateurs externes automatisés (DEA) sur les chantiers de 20 travailleurs ou plus prévus pour durer trois mois ou plus, ainsi que la présence obligatoire de trousses de naloxone dans les milieux présentant un risque de surdose d’opioïdes.
Du côté des employeurs, le programme « Soutenir les employeurs de l’Ontario qui misent sur la sécurité » reconnaît désormais 101 entreprises exemplaires, lesquelles ont bénéficié de plus de 4,5 millions de dollars en incitatifs de la CSPAT à ce jour. La province a également précisé que, dans le cadre du sixième volet de la Loi, la CSPAT a été enjointe d’investir 400 millions de dollars dans des programmes de santé et sécurité axés sur la santé mentale, les soins préventifs et le rétablissement.
En tant que professionnels de l’immigration, nous observons que les habitudes de documentation deviennent critiques lors des transitions professionnelles. Les travailleurs qui changent souvent d’employeur, incluant de nombreux nouveaux arrivants et travailleurs contractuels, font souvent face à des lacunes documentaires lorsqu’ils doivent justifier leurs conditions de travail antérieures. Un registre d’exposition systématique réduit l’incertitude et facilite la communication avec les employeurs et les prestataires de soins.
Les difficultés actuelles surviennent souvent lorsque les travailleurs doivent reconstituer des détails d’exposition des années après les faits, tout en gérant des changements de statut ou des pertes de documents administratifs. L’accompagnement par un consultant en immigration agréé peut s’avérer déterminant lorsque des décisions d’emploi liées à la santé interfèrent avec les échéanciers d’immigration, grâce à une préparation minutieuse et une représentation rigoureuse.
Le Registre des expositions professionnelles de l’Ontario est un outil de prévention pragmatique qui place le suivi de la santé à long terme entre les mains des travailleurs. En facilitant la consignation de l’exposition à 11 substances dangereuses, la province vise à améliorer la vigilance immédiate et à consolider les mécanismes de soutien et d’indemnisation pour les maladies professionnelles à l’avenir.
Citation
"L’Ontario lance le premier Registre des expositions professionnelles pour protéger la santé des travailleurs." RED Immigration Consulting. Published février 20, 2026. https://redim.ca/fr/ontario-lance-premier-registre-expositions-professionnelles-sante-travailleurs/
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