Les écoles primaires et secondaires publiques du Canada n’enregistreront pratiquement aucune variation nette de leurs effectifs nationaux attribuable aux changements de politique d’immigration entre 2026 et 2030, car l’augmentation des admissions de familles de résidents permanents (RP) compensera une réduction prévue de 778 200 résidents non permanents (RNP) entre 2026 et 2028, selon une étude conjointe d’IRCC et de Statistique Canada publiée le 28 octobre 2026 dans Rapports économiques et sociaux (vol. 6, n° 10).
Sous cette apparente stabilité globale à l’échelle nationale, le rapport révèle toutefois deux transformations structurelles majeures pour les familles nouvellement arrivées : une modélisation fédérale officielle d’admissions ponctuelles de transition vers la RP portant le nombre total d’établissements de résidents permanents à 439 200 en 2026 et 468 800 en 2027, ainsi qu’une division géographique nette où les inscriptions scolaires progressent en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba tout en diminuant modérément au Québec, en Colombie-Britannique et dans les villes des provinces de l’Atlantique.
Analyse du tableau A2 en annexe : trajectoire fédérale des RP et RNP de 2026 à 2030
Afin d’estimer les populations d’âge scolaire (de 6 à 13 ans pour le primaire et de 14 à 17 ans pour le secondaire), les chercheurs de Statistique Canada et d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ont croisé les données du Recensement de 2021, de la Base de données longitudinales sur l’immigration (BDLI), du Plan des niveaux d’immigration 2026-2028 et des projections internes des effectifs de résidents non permanents d’IRCC.
En plus de la cible annuelle de base de 380 000 résidents permanents réguliers, le tableau A2 en annexe de l’étude intègre deux initiatives fédérales ponctuelles de transition réparties sur 2026 et 2027 (à hauteur de 40 % en 2026 et 60 % en 2027) : environ 115 000 personnes protégées au Canada (46 000 en 2026 et 69 000 en 2027) et jusqu’à 33 000 travailleurs temporaires admissibles effectuant leur transition vers la résidence permanente (13 200 en 2026 et 19 800 en 2027). Durant la même période, la population totale de RNP au Canada devrait reculer, passant de 3,149 millions en 2024 et 2,848 millions en 2025 à 1,898 million d’ici 2028-2030.
| Composante de la population fédérale (Tableau A2 StatCan / IRCC) | Données de référence 2025 | 2026 | 2027 | 2028 à 2030 (annuel) |
| Cible d’admissions régulières de RP | 395 000 | 380 000 | 380 000 | 380 000 |
| Transition ponctuelle vers la RP pour les personnes protégées | 0 | +46 000 | +69 000 | 0 |
| Transition ponctuelle vers la RP pour les travailleurs temporaires | 0 | +13 200 | +19 800 | 0 |
| Admissions totales prévues de RP | 395 000 | 439 200 | 468 800 | 380 000 |
| Stock total de la population de RNP | 2 848 000 | 2 473 000 | 2 117 000 | 1 898 000 |
| Variation nette annuelle du stock de RNP | -301 000 | -203 200 | -356 000 | -219 000 (2028); 0 (2029-2030) |
Pourquoi la baisse de 778 200 résidents temporaires préserve la stabilité des classes au pays
Le débat public suppose couramment que de fortes diminutions du nombre de détenteurs de permis d’études et de travail videront les écoles locales, ou à l’inverse que l’admission de plus de 380 000 RP par an saturera la capacité des classes. La ventilation démographique de Statistique Canada démontre pourquoi aucun de ces scénarios extrêmes ne se produit à l’échelle nationale :
- La majorité des RNP n’ont pas d’enfants d’âge scolaire au Canada : Les jeunes adultes célibataires titulaires d’un permis d’études ou d’un permis de travail postdiplôme constituent une part prépondérante des résidents temporaires, tandis que les admissions de résidents permanents regroupent une proportion nettement plus forte de jeunes familles s’établissant avec des enfants âgés de 6 à 17 ans.
- Les transitions en deux étapes maintiennent les élèves actuels dans la même classe : Lorsqu’un travailleur temporaire résidant déjà au Canada obtient sa résidence permanente, les enfants d’âge scolaire du foyer passent simplement, sur le plan statistique, de la catégorie RNP à celle de la transition vers la RP en deux étapes, sans requérir de place supplémentaire au sein du conseil scolaire local.
À partir d’un niveau de référence établi en 2025 à 3,536 millions d’élèves du primaire (dont 501 200 enfants RP et RNP) et 1,830 million d’élèves du secondaire (dont 241 100 jeunes RP et RNP), les fluctuations cumulées de 2026 à 2030 s’annulent pour l’essentiel à l’échelle du pays :
- Écoles primaires (de 6 à 13 ans) : Les augmentations de +47 100 enfants RP (+31 300 arrivées directes depuis l’étranger et +15 800 transitions en deux étapes) sont compensées par une diminution de -49 200 enfants RNP, soit une variation nette sur cinq ans de seulement -2 100 élèves pour l’ensemble du Canada.
- Écoles secondaires (de 14 à 17 ans) : Les gains de +25 500 élèves RP (+17 700 arrivées directes et +7 800 transitions en deux étapes) l’emportent sur la réduction de -24 300 élèves RNP, dégageant une hausse nette de +1 200 élèves au plan national.
Peu importe la taille de la municipalité, les effectifs globaux de la maternelle à la 12e année (K-12) varient de moins de 0,1 %. Même dans les régions métropolitaines de 500 000 habitants ou plus, où 41,6 % de la population globale et 17,1 % des élèves du primaire étaient des immigrants ou des RNP en 2021, les effectifs au primaire ne varient que de -940 élèves (-0,05 % du total des inscriptions) jusqu’en 2030.
Divergences régionales : croissance dans les Prairies contre repli au Québec et en Colombie-Britannique
Comme les provinces s’appuient sur des équilibres très différents entre immigration permanente familiale et titulaires de permis temporaires d’études et de travail, l’évolution des effectifs scolaires de 2026 à 2030 suit des trajectoires opposées selon les régions :
| Province | Variation nette de l’effectif scolaire (2026-2030 vs 2025) | Variation en % des élèves immigrants / RNP | Impact en % sur l’effectif provincial total |
| Alberta | +5 710 élèves | +6,1 % | +0,8 % |
| Saskatchewan | +1 510 élèves | +6,7 % | +0,8 % |
| Manitoba | +1 380 élèves | +4,3 % | +0,6 % |
| Ontario | +1 450 élèves (+360 au prim. / +1 090 au sec.) | +0,5 % | +0,1 % à +0,2 % |
| Colombie-Britannique | -3 750 élèves (-5 270 sur 2026-2028) | -2,9 % | -0,4 % |
| Québec | -6 450 élèves | -4,3 % | -0,4 % |
| Île-du-Prince-Édouard et Nouvelle-Écosse | Contraction modeste (liée aux RNP) | -4,4 % (Î.-P.-É.) | -0,4 % (Î.-P.-É.) / -0,3 % (N.-É.) |
Recommandations pour les parents nouvellement arrivés et les candidats à la transition TR vers RP
Pour les familles actuellement présentes au Canada avec des permis temporaires ou préparant une demande de résidence permanente avec des enfants d’âge scolaire, les données du 28 octobre mettent en lumière trois éléments de planification essentiels :
- Anticiper une croissance soutenue de l’établissement familial dans les conseils scolaires des Prairies : Les parents qui s’installent à Calgary, Edmonton, Saskatoon, Regina ou Winnipeg rejoindront des districts où les effectifs de familles immigrantes permanentes continuent d’augmenter jusqu’en 2030. Cette dynamique soutient le maintien des programmes d’anglais langue additionnelle (EAL) tout en densifiant la fréquentation des écoles de quartier. Les familles évaluant les voies provinciales des Prairies peuvent estimer leurs points grâce à nos calculateurs de déclaration d’intérêt (EOI) pour l’AAIP de l’Alberta, le SINP de la Saskatchewan et le MPNP du Manitoba.
- Surveiller les critères formels d’admissibilité des mesures de transition 2026-2027 : Bien que les projections démographiques d’IRCC intègrent jusqu’à 33 000 transitions de travailleurs temporaires en 2026 et 2027 ainsi que de nettes réductions du stock de RNP (-356 000 rien qu’en 2027), ces hypothèses statistiques budgétaires ne constituent pas des amnisties ouvertes et automatiques. Les résidents temporaires doivent conserver un statut légal valide et satisfaire précisément aux critères des programmes dès l’entrée en vigueur des instructions ministérielles officielles.
- Vérifier sans tarder l’autorisation d’études des enfants mineurs et les documents scolaires de secteur : Les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux qui renouvellent leurs permis en Colombie-Britannique, au Québec, en Ontario ou dans les provinces de l’Atlantique doivent s’assurer que les fiches du visiteur ou permis d’études de leurs enfants à charge demeurent alignés sur la validité du permis d’études ou de travail du parent principal, garantissant ainsi une inscription scolaire sans rupture.
Les familles qui planifient une réinstallation provinciale, le renouvellement d’un statut temporaire ou une demande de résidence permanente peuvent analyser les stratégies adaptées aux familles auprès de RED Immigration Consulting ou réserver une évaluation via notre page de rendez-vous en ligne.





