Le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre de 2026, marquant la plus forte croissance trimestrielle du pays depuis le début du conflit commercial avec les États-Unis. Dans le même temps, la productivité du travail dans les entreprises a augmenté de 1,0 % et le pays a enregistré son premier surplus du compte courant en quatre ans, à hauteur de 8,8 milliards de dollars, selon le rapport de Statistique Canada intitulé Évolution récente de l’économie canadienne : automne 2026, publié le 28 octobre 2026.
Pour les nouveaux arrivants qui s’installent ou qui renouvellent leur statut à la fin de 2026, cette reprise macroéconomique nationale ne se répercute toutefois pas uniformément sur le budget des ménages. En combinant la synthèse économique de l’automne 2026 avec les trois études connexes parues dans les Rapports économiques et sociaux (vol. 6, n° 10), on constate une économie partagée entre une diversification résiliente des exportations et une baisse de l’inflation alimentaire d’un côté, et une hausse tenace de 3,8 % du coût des loyers conjuguée à un ralentissement des embauches estivales dans le secteur public et chez les jeunes de l’autre.
Rebond macroéconomique et diversification des exportations face aux tarifs douaniers américains
Après avoir absorbé d’importants chocs tarifaires américains tout au long de 2025 et au début de 2026, les flux commerciaux canadiens se sont nettement réorientés vers les marchés d’outre-mer au cours de la première moitié de 2026. Les exportations globales ont progressé de 3,6 % au deuxième trimestre, portant le solde du compte courant du Canada à un surplus de 8,8 milliards de dollars, le plus élevé observé depuis 2005.
Les exportations de marchandises vers des destinations autres que les États-Unis ont bondi de 19,4 % au premier semestre de 2026 par rapport à la même période l’année précédente. Dans le secteur de l’énergie, les marchés hors États-Unis ont représenté 18,5 % des exportations canadiennes, tirés par les expéditions vers la Chine (7,6 milliards de dollars) et le Royaume-Uni (2,3 milliards de dollars).
À l’échelle industrielle, les producteurs de matières premières exposés aux tarifs ont continué de ralentir, tandis que la construction intérieure et l’assemblage ont rebondi :
- Secteurs sous pression tarifaire : la production d’acier de première transformation est restée en baisse de 17,7 %, celle d’aluminium a fléchi de 12,4 % et la fabrication de produits en bois a reculé de 11,3 %.
- Secteurs de biens en reprise : la fabrication de véhicules automobiles et de pièces a augmenté de 13,3 % au deuxième trimestre, tandis que l’activité dans le secteur de la construction a progressé pendant quatre mois consécutifs jusqu’en juillet 2026.
| Indicateur économique canadien de l’automne 2026 (Statistique Canada) | Dernière donnée | Comparaison / Tendance | Impact direct sur les nouveaux arrivants |
| Croissance du PIB réel au T2 2026 | +0,8 % (trimestriel) | Meilleur trimestre depuis la période précédant le conflit commercial | Soutient l’activité du secteur privé et de la construction |
| Exportations de marchandises hors États-Unis (S1 2026) | +19,4 % sur un an | Surplus du compte courant de 8,8 G$ au T2 | Renforce les corridors commerciaux portuaires, logistiques, énergétiques et agroalimentaires |
| IPC global par rapport à l’IPC sans essence (août 2026) | 3,0 % / 2,4 % sans essence | Hausse soudaine de l’essence de +33,2 % en mai (choc du détroit d’Ormuz) | Les coûts de déplacement restent vulnérables aux aléas du transport pétrolier mondial |
| Inflation des aliments en magasin (août 2026) | +2,8 % sur un an | En baisse par rapport à la moyenne de 4,2 % au S1 2026 | Ralentissement de la facture d’épicerie mensuelle pour les familles arrivantes |
| IPC du logement locatif c. logement possédé (août 2026) | +3,8 % loyer / +0,6 % propriétaire | L’inflation globale du logement a ralenti entre 1,3 % et 1,5 % | Les locataires subissent une inflation six fois supérieure à celle des propriétaires |
| Variation de l’emploi (avr.-juil. c. août-sept. 2026) | +181 000 puis -110 000 | Chômage à 6,5 % (-90 000 dans le secteur public) | Embauches à temps plein plus régulières dans le privé que dans le public ou pour les jeunes |
| Postes vacants totaux et tendance manufacturière | 510 200 (taux de 2,8 %) | Postes vacants en fabrication en hausse de +12,3 % (+4 200) | Demande soutenue à temps plein dans l’alimentation, le plastique et les machines |
Écart du coût de la vie : l’épicerie ralentit, mais le loyer dépasse les dépenses des propriétaires de six à un
L’inflation des prix à la consommation a atteint 3,0 % sur un an en août 2026, portée temporairement par les marchés énergétiques mondiaux après que les perturbations de navigation près du détroit d’Ormuz ont fait grimper les prix de l’essence canadienne de 33,2 % en mai 2026. Sans l’essence, l’IPC sous-jacent est resté plus proche de la fourchette cible de la Banque du Canada, à 2,4 %.
Deux postes budgétaires essentiels ont évolué dans des directions opposées pour les ménages récemment installés :
- Le coût des aliments achetés en magasin a ralenti à 2,8 % sur un an en août 2026, après une moyenne de 4,2 % au premier semestre de 2026. Parallèlement, l’enquête de Statistique Canada sur la situation des entreprises avertit qu’environ 3 entreprises canadiennes sur 10 prévoient de répercuter la hausse des coûts liée aux tarifs douaniers sur les consommateurs au cours des 12 prochains mois.
- Le logement loué a augmenté de 3,8 % sur un an, contre seulement 0,6 % pour le logement possédé. Bien que l’inflation globale du logement se soit modérée entre 1,3 % et 1,5 % grâce à la stabilisation des coûts de remplacement par les propriétaires et des taux d’intérêt hypothécaires, la quasi-totalité des nouveaux résidents permanents, étudiants internationaux et titulaires d’un permis de travail passent leurs premières années sur le marché locatif, où le renouvellement des baux continue de croître plus vite que l’IPC global.
Les indicateurs de revenu des ménages se sont également améliorés en moyenne au deuxième trimestre de 2026 : le revenu disponible des ménages a progressé de 2,1 %, le taux d’épargne a atteint 3,7 %, la valeur nette moyenne par habitant s’est établie à 459 000 $ et le ratio global de la dette au revenu disponible a reculé de 2,2 points de pourcentage pour s’établir à 176,4 %. Toutefois, comme le montre l’étude parallèle de Statistique Canada sur les bilans financiers, les moyennes nationales regroupent des propriétaires plus âgés sans hypothèque et des ménages immigrants récents dont 16,1 % à 16,2 % ne possèdent aucun patrimoine financier liquide en dehors de leur logement.
Analyser le marché de l’emploi : repli du secteur public contre opportunités dans le privé
Les données sur l’emploi au Canada entre le milieu et la fin de 2026 démontrent pourquoi le choix du secteur d’activité importe davantage que les taux de chômage nationaux affichés. Entre avril et juillet 2026, les employeurs ont créé 181 000 emplois, principalement des postes à temps plein dans le secteur privé en Ontario et en Colombie-Britannique. En août et septembre 2026, l’emploi global a fléchi de 110 000 postes, portant le taux de chômage à 6,5 %.
Une observation plus fine montre où ces pertes se sont concentrées : 90 000 des 110 000 pertes nettes d’emplois provenaient du secteur public, 71 000 étaient des postes à temps plein, 68 000 se trouvaient au Québec, et plus de la moitié concernaient des jeunes de 15 à 24 ans. Dans le même intervalle, les postes vacants dans l’ensemble de l’économie sont restés stables à 510 200, et les employeurs du secteur manufacturier ont augmenté leurs recrutements permanents à temps plein de 12,3 % (+4 200 postes vacants) dans la transformation alimentaire, les produits en plastique et caoutchouc, et la fabrication de machinerie.
Plan d’action sur six mois : établissement et carrière pour la fin 2026
- Établir son budget de logement initial selon les taux de location réels, et non selon l’IPC global du logement : prévoyez vos dépenses locatives en anticipant une hausse annuelle des loyers d’au moins 3,8 % en plus des dépôts de garantie pour les services publics, tout en conservant une réserve de liquidités d’urgence distincte plutôt que d’engager la totalité de vos fonds dans les frais d’emménagement.
- Cibler la recherche d’emploi vers les biens du secteur privé, la construction, la santé et les filières d’exportation : avec le ralentissement des embauches gouvernementales et un taux de recrutement de 1,9 % pour les postes débutants en programmation, les travailleurs qualifiés trouvent de meilleurs débouchés dans la construction, les chaînes d’approvisionnement automobile, la transformation des aliments, les machines, la logistique et les professions de santé réglementées. Vous pouvez évaluer la demande active des employeurs via notre tableau de bord des EIMT (LMIA) et notre outil de suivi des rondes d’invitations.
- Aligner salaires et voies régionales avec les critères d’Entrée express : la sélection fédérale accordant une importance accrue aux emplois canadiens bien rémunérés et à l’intégration économique régionale, comparer les volets pour travailleurs qualifiés de l’Ontario, de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba permet d’identifier des parcours de résidence permanente plus rapides en dehors des grands centres urbains saturés.
Les nouveaux arrivants qui souhaitent adapter leur recherche d’emploi, la validité de leur permis de travail et leur démarche d’immigration aux réalités économiques de l’automne 2026 peuvent découvrir les services de RED Immigration Consulting ou réserver une consultation personnalisée sur notre page de rendez-vous.





