Les dépenses en immigration au Canada sont sur le point de subir une correction importante l’année prochaine, reflétant un virage du gouvernement vers une gestion plus stricte des ressources dans un contexte d’évolution des priorités en matière d’immigration. Selon l’énoncé consolidé des opérations prospectives publié par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), les dépenses totales de l’organisme pour 2025-2026 devraient diminuer de plus de 1,49 milliard de dollars par rapport à l’année précédente, ce qui indique clairement que le système d’immigration entre dans une période de restrictions budgétaires, même si la demande et les attentes restent élevées.
Restrictions budgétaires dans les programmes d’immigration
La réduction la plus importante semble se situer dans la catégorie de la sélection et de l’intégration des immigrants et des réfugiés, où l’IRCC prévoit une baisse de 5,53 milliards de dollars en 2024-2025 à 4,14 milliards de dollars en 2025-2026. Cette diminution de 1,4 milliard de dollars reflète une baisse des dépenses prévues en matière d’aide à la réinstallation, de services d’établissement et de programmes pour les réfugiés, malgré l’engagement continu du Canada à maintenir des niveaux d’immigration élevés. Bien que le gouvernement n’ait pas indiqué de réduction des objectifs en matière d’immigration, une telle réduction suggère que l’IRCC améliore soit son efficacité, soit réduit certaines structures de soutien.
En revanche, les dépenses pour les visiteurs, les étudiants internationaux et les travailleurs temporaires devraient augmenter, passant de 534 millions de dollars à 603 millions de dollars. Cette augmentation s’aligne sur la forte dépendance du Canada à l’égard des étudiants internationaux et des travailleurs étrangers temporaires pour combler les pénuries de main-d’œuvre, notamment dans les secteurs à forte demande comme l’agroalimentaire, les soins de santé et l’hôtellerie.
L’IRCC dépensera également moins pour les services internes, passant de 740,7 millions de dollars à 668,1 millions de dollars, et pour la citoyenneté et les passeports, les dépenses passant de 830,8 millions de dollars à 739,7 millions de dollars. Ces réductions suivent les tendances de la transformation numérique et des efforts de traitement des arriérés des dernières années.
Pressions sur les recettes et réduction des coûts gouvernementaux
Les recettes totales de l’IRCC devraient également diminuer, passant de 681,9 millions de dollars à 617,1 millions de dollars, principalement en raison de la réduction des recettes provenant des droits de passeport et de la baisse des recettes provenant des droits et privilèges liés à l’immigration. Malgré la diminution des recettes, le coût net des opérations devrait diminuer considérablement, passant de 6,96 milliards de dollars en 2024-2025 à 5,53 milliards de dollars en 2025-2026.
Répartition des recettes prévues en 2025-2026
- Frais de service d’immigration : 1,28 milliard de dollars
- Frais de passeport : 602,8 millions de dollars
- Droits et privilèges liés à l’immigration : 243,8 millions de dollars
- Frais de service de citoyenneté : 155,2 millions de dollars
- Droit de citoyenneté : 32,1 millions de dollars
- Expérience internationale Canada : 14,2 millions de dollars
- Autres recettes : 8,9 millions de dollars
- Recettes perçues pour le compte du gouvernement (non-remboursables) : -1,72 milliard de dollars
La réalité derrière ces chiffres est que, même si l’IRCC perçoit plus d’un milliard de dollars par année en frais liés à l’immigration, une grande partie de cette somme retourne au Trésor fédéral et ne peut être réinvestie au sein du ministère. Seules certaines recettes, comme celles du programme de passeports et d’Expérience internationale Canada, sont remboursables pour couvrir leurs coûts de fonctionnement.
Autorités parlementaires réalignées et prévisions des programmes
Les autorisations prévues demandées par l’IRCC reflètent cette tendance prudente :
- Autorisations totales demandées pour 2025-2026 : 5,25 milliards de dollars (en baisse par rapport à 6,68 milliards de dollars en 2024-2025)
- Dépenses de fonctionnement : 2,22 milliards de dollars
- Dépenses en capital : 6 millions de dollars
- Subventions et contributions : 2,78 milliards de dollars
- Montants législatifs : 191,2 millions de dollars
- Postes non budgétaires (y compris les prêts) : 51,5 millions de dollars
Les subventions et contributions de l’IRCC, une part importante de son financement lié à l’immigration, devraient diminuer de plus de 900 millions de dollars. Cela laisse entrevoir un financement plus serré pour des programmes tels que le Programme d’aide à la réinstallation et les organismes de services d’établissement, même si l’immigration continue de stimuler la croissance démographique et de la main-d’œuvre.
Malgré des prévisions plus basses, le volume de demandes d’immigration ne devrait pas diminuer de façon significative, ce qui pourrait mettre encore plus à l’épreuve les délais de traitement de l’IRCC. Cette pression financière pourrait inciter le ministère à miser davantage sur la numérisation et l’automatisation pour respecter les normes de service.
Du point de vue d’un consultant en immigration, ces prévisions mettent en lumière un écart croissant entre la demande en matière d’immigration et les ressources gouvernementales disponibles. Les programmes bénéficiant d’un solide soutien en matière de traitement, tels que le système Entrée express, les programmes des candidats des provinces (PCP) et le parrainage familial, ne devraient pas subir de changements structurels, mais les arriérés de demandes, la vérification des documents et la complexité des cas individuels pourraient ralentir les progrès pour certains candidats. Il est probable que la nouvelle année financière verra un examen plus minutieux, des périodes de traitement plus longues et une utilisation plus stricte du pouvoir discrétionnaire pour les cas complexes.
L’admissibilité à la plupart des programmes d’immigration fédéraux demeure inchangée et continue de nécessiter :
- Une compétence linguistique suffisante en anglais ou en français (NCLC 7 ou plus pour les catégories de travailleurs qualifiés)
- Au moins 1 année d’expérience de travail qualifié au Canada ou à l’étranger
- Une évaluation des titres de compétences (ETC) pour les diplômes étrangers
- Une preuve de fonds, selon le type de programme
- Des casiers judiciaires et médicaux propres
- Des notes du Système de classement global (SCG) qui atteignent ou dépassent les seuils des tirages (pour Entrée express)
Actuellement, les frais pour les demandes clés sont :
- Frais de demande de résidence permanente : 850 $ (plus 515 $ de droit de résidence permanente)
- Permis d’études : 150 $
- Permis de travail : 155 $
- Demande de parrainage : 1 080 $ (pour les époux ou conjoints de fait)
- Demande de citoyenneté : 630 $
Une conclusion essentielle de ces prévisions est que les candidats ne devraient pas attendre plus de ressources ou un traitement plus rapide dans un avenir proche. Au contraire, les demandes bien préparées et complètes, soumises par les bons canaux, ont de meilleures chances de naviguer dans un système plus strict.
Avec l’augmentation du volume de demandes et la réduction du soutien financier, de nombreux candidats doivent maintenant faire face à des délais d’attente plus longs, à un examen plus strict et à un risque plus élevé de refus. Ces pressions peuvent créer de l’anxiété, surtout lorsqu’il s’agit de naviguer dans des choix de programmes complexes, la documentation et l’évolution des exigences. Notre équipe de consultants en immigration fournit une assistance personnalisée pour la préparation, les conseils et la représentation des demandes d’immigration, en assurant la conformité au cadre juridique et procédural actuel. Que vous demandiez une immigration dans la catégorie des travailleurs qualifiés, des études ou de la famille, le soutien d’un expert fait une différence significative dans le résultat.
Citation
"Réduction des dépenses canadiennes en immigration en 2025." RED Immigration Consulting. Published juin 25, 2025. https://redim.ca/fr/reduction-des-depenses-canadiennes-en-immigration-en-2025/
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